Un centre de recherche a bien fait de conclure, à l’issue de son étude sur les lois préparatoires aux élections, qu’il est nécessaire d’exiger le baccalauréat comme niveau minimum pour tout citoyen marocain souhaitant se présenter aux prochaines élections. Cela signifie que la loi obligerait les partis politiques à rechercher des candidats instruits pour figurer sur leurs listes, ce qui est déjà pratiqué dans de nombreux pays, y compris ceux qui exigent un diplôme universitaire pour se présenter aux élections.
Dans les pays occidentaux, berceau de la démocratie, où celle-ci est née comme on le sait, on a commencé à relire et à réexaminer le concept de démocratie afin d’éviter que n’importe qui, sans compétences, n’accède aux conseils, dans des sociétés où le niveau d’instruction est globalement élevé.
Dans une société où l’analphabétisme subsiste à un certain niveau et où même les personnes instruites sont majoritairement peu qualifiées, on ne peut confier le destin du pays à des individus dépourvus de connaissances. On ne peut pas placer les budgets des collectivités locales, des régions ou des conseils provinciaux entre les mains de personnes qui « ne savent pas lire », c’est-à-dire qui ne maîtrisent pas la lecture, alors que la loi exige pour se présenter le certificat des études primaires.
Les rapports établis par le Conseil supérieur de l’éducation et de la formation, ainsi que par d’autres institutions constitutionnelles, indiquent qu’une grande proportion de ceux qui quittent l’école après le primaire n’ont pas acquis les compétences de base en lecture et écriture.
Un président de commune qui ne sait pas lire ou qui peut à peine déchiffrer quelques lignes peut-il comprendre le budget communal ou le concept de budget ? Il serait alors manipulé par ceux qui agissent dans l’ombre ou par ceux qui connaissent les mécanismes de « détournement » des finances publiques.
Quant au parlementaire, il joue un rôle encore plus crucial dans la société. Avant qu’une loi ne soit publiée au Journal officiel et devienne applicable, elle passe par le parlement.
Le parlement est l’institution législative qui adopte toutes les lois du Royaume du Maroc, qu’il s’agisse de lois régissant la vie quotidienne ou de lois qui restent en vigueur pendant de nombreuses années. Le parlement adopte également la loi de finances, présentée par le gouvernement, discutée, puis votée.
Pour que le parlementaire ne reste pas un simple outil de vote, il doit posséder des connaissances lui permettant de participer activement à la surveillance de l’action gouvernementale, à l’amélioration et à la discussion des lois.
Chaque groupe social revendique des quotas pour sa représentation au parlement, le plus célèbre étant le quota des femmes. Cependant, ce quota n’a pas permis de renforcer l’accès réel des femmes, fondé uniquement sur les listes locales. La réussite d’une parlementaire sur liste nationale devrait consolider sa présence dans la réalité et créer un environnement électoral favorable, avec des interactions continues, et pas seulement avant les élections.
Il semble que le quota, dans ce domaine, soit insuffisant. Une candidate peut réussir même si aucun électeur ne la connaît. Mais le quota dont personne ne parle est le quota des experts.
Il est essentiel que le parlement compte des experts en droit, capables de rédiger des lois, et des experts en économie, capables de préparer les budgets et de détecter leurs dysfonctionnements, afin que les commissions deviennent de véritables cellules de discussion et non de simples lieux de vote.










