Le bureau exécutif de la Fédération marocaine des éditeurs de journaux (FMEJ) a tenu, jeudi 26 mars 2026, une réunion consacrée à l’examen de plusieurs dossiers relatifs au secteur de la presse et de l’édition, notamment le projet de loi portant réorganisation du Conseil national de la presse (CNP).
Dans un communiqué détaillé, la Fédération a vivement critiqué la démarche adoptée par le gouvernement, l’accusant de contourner l’esprit de la décision rendue le 22 janvier 2026 par la Cour constitutionnelle du Maroc. Selon la FMEJ, cette décision, qui avait invalidé plusieurs dispositions du projet de loi, nécessitait une refonte globale du texte et l’ouverture d’un véritable dialogue avec les acteurs professionnels.
Or, la nouvelle version du projet de loi n°09.26, transmise à la Chambre des représentants, est perçue comme une simple reformulation technique. La Fédération estime qu’elle maintient les mêmes mécanismes contestés, notamment le recours au critère du chiffre d’affaires pour déterminer la représentativité des éditeurs, une approche jugée contraire aux standards internationaux et susceptible de nuire au pluralisme.
La FMEJ dénonce également ce qu’elle qualifie de « démarche unilatérale » du ministère de tutelle, accusé d’exclure délibérément la Fédération du processus de concertation. Elle considère que cette orientation affaiblit les principes constitutionnels liés à la participation et au pluralisme dans la gestion du secteur médiatique.
Par ailleurs, le bureau exécutif pointe plusieurs incohérences dans le projet, notamment le maintien de modes de désignation distincts entre journalistes et éditeurs, ainsi que des zones d’ombre concernant la composition de certaines instances clés du CNP, telles que la commission des recours ou les mécanismes disciplinaires.
Sur un autre registre, la Fédération a exprimé son inquiétude face à la gestion jugée opaque de l’aide publique à la presse. Elle critique notamment la composition d’une commission chargée de sa répartition, accusée de ne pas respecter les principes de transparence et de représentativité, tout en soulignant l’absence d’informations claires sur son fonctionnement et ses décisions.
La FMEJ estime que cette gouvernance a contribué à fragiliser le secteur, évoquant une dégradation de la situation professionnelle, une perte de crédibilité et un climat de tension entre les différents acteurs.
Face à cette situation, la Fédération appelle le Parlement à rejeter toute tentative de contournement de la décision de la Cour constitutionnelle et à exiger une révision en profondeur du projet de loi, basée sur un dialogue inclusif avec l’ensemble des organisations professionnelles.
Enfin, la FMEJ réaffirme sa disposition à participer à une concertation sérieuse et responsable, en vue d’aboutir à une réforme équilibrée garantissant l’indépendance et la crédibilité de l’autorégulation de la presse au Maroc.










