Il semble devenu habituel que le gouvernement que nous avons découvert accorde peu d’importance aux rapports, qu’ils soient nationaux, émanant d’institutions constitutionnelles, ou internationaux.
Mais, par souci de démonstration, intéressons-nous à ce qu’indique un rapport international sur l’école marocaine.
Ce rapport dresse un constat alarmant et sonne l’alerte. Il évoque le fait que 76 % des élèves marocains n’atteignent pas le baccalauréat. Il faut insister sur ce terme : ils n’y parviennent pas, ce qui signifie que ceux qui y accèdent ne représentent qu’une minorité. Et parmi ceux qui y parviennent, combien obtiennent effectivement le baccalauréat ? Parmi ceux qui réussissent, combien accèdent à l’enseignement universitaire ? Et parmi les étudiants, combien sont en mesure de poursuivre leur parcours ? Enfin, combien parviennent à s’insérer dans le marché du travail ? Et quelle est la proportion de ceux qui trouvent un emploi décent, surtout dans un secteur public qui n’est plus en mesure d’absorber un grand nombre de diplômés ?
Nous sommes face à une problématique majeure. Après soixante ans de « marocanisation » de l’enseignement, nous semblons repartir de zéro. La seule différence, c’est qu’à l’aube de l’indépendance, le pays était en phase de construction et les emplois ne nécessitaient pas un haut niveau d’instruction, reposant largement sur le travail manuel. Aujourd’hui, en revanche, même les emplois les plus simples sont inaccessibles aux non-diplômés.
La situation actuelle est particulièrement préoccupante. L’État a engagé des milliards dans divers programmes, avec une multiplicité de réformes et d’appellations, mais les résultats restent décevants. Malheureusement, de nombreux programmes dits « pédagogiques » n’ont fait, en réalité, qu’alimenter le phénomène de décrochage scolaire, qui semble être l’unique résultat tangible.
De tels rapports méritent d’être lus avec attention et pris au sérieux. Les ignorer ou les fuir ne ferait que retarder les conséquences d’une crise dont les effets peuvent se traduire par un échec social et des tensions récurrentes. Le coût de l’ignorance est extrêmement élevé et ses répercussions peuvent s’étendre sur plusieurs générations, affectant durablement les sphères culturelle, scientifique et économique.
Il est urgent de rompre avec les approches traditionnelles de la réforme du système éducatif. Il ne s’agit pas d’un secteur qui peut être amélioré par de simples ajustements, mais d’un domaine nécessitant une réforme profonde, claire et fondée sur des bases scientifiques, capable de s’adapter à la réalité et de répondre aux enjeux actuels.
Imaginez un pays confronté à une crise éducative majeure, confirmée par des rapports nationaux et internationaux, dont celui du Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique. Le Conseil économique, social et environnemental a également tiré la sonnette d’alarme en révélant qu’environ cinq millions de jeunes âgés de 15 à 34 ans se trouvent en dehors du système éducatif, de la formation et de l’emploi — un chiffre alarmant.
Les données disponibles aujourd’hui devraient tenir en éveil tout المسؤول, car investir dans l’ignorance ne peut mener qu’au désastre.










