Les répercussions de la crise au Moyen-Orient, ou du conflit opposant les États-Unis et Israël d’un côté à l’Iran de l’autre, sont désormais clairement perceptibles. Leurs effets sur la vie des Marocains ne peuvent être ignorés, notamment après les augmentations successives des prix des carburants, que le gouvernement a mises en œuvre de manière jugée préoccupante, en procédant d’abord à une première hausse, suivie, au 31 mars, d’une seconde augmentation.
Ces hausses des prix des carburants ont des répercussions négatives sur tous les aspects de la vie quotidienne. Le gouvernement, quant à lui, a opté pour une solution facile et peu coûteuse pour lui : puiser dans les poches des citoyens, considérés comme la variable d’ajustement. La seule réponse proposée reste un soutien limité aux chauffeurs professionnels et aux taximen, alors que l’impact des carburants touche l’ensemble des secteurs, y compris le transport des travailleurs, le transport scolaire, et bien d’autres services essentiels.
Parler de ces répercussions revient aussi à évoquer la hausse des prix des produits de consommation, puisque toute l’activité économique repose sur le transport, lui-même dépendant des carburants. Ainsi, aucun domaine n’échappe aux effets de cette crise.
La question essentielle demeure : qui a laissé le peuple exposé à ces difficultés sans protection ?
On ne peut pas attendre de la population, composée de l’ensemble des citoyens, qu’elle descende seule dans la rue pour réclamer des solutions, au risque de nuire au pays. La véritable interrogation concerne le rôle des partis politiques, censés bénéficier de financements publics afin de former et encadrer les citoyens dans l’exercice de la vie politique.
Où sont donc les partis, majorité et opposition confondues ?
Dans notre pays, la majorité parlementaire s’aligne généralement sur la majorité gouvernementale, ce qui rend difficile toute attente d’une prise de position en faveur des citoyens, même lorsque les décisions prises vont à l’encontre de leurs électeurs. Au Portugal, un pays européen modérément avancé, le Parlement, majorité et opposition réunies, a voté une décision visant à plafonner les prix des produits essentiels, notamment les carburants, en période de crise, le gouvernement assumant les coûts.
Il semble que les partis politiques aient aujourd’hui d’autres priorités. Ils se concentrent sur les prochaines élections législatives et locales, sans accorder une réelle attention aux préoccupations des citoyens. Pour eux, ces derniers ne sont pas des victimes de la hausse des prix, mais plutôt des chiffres dans les urnes, servant à renforcer leur position lors de la formation des conseils et du gouvernement.
Les partis devraient, en principe, constituer un rempart pour la société, et non se contenter de collecter des voix électorales en laissant les citoyens affronter seuls les conséquences d’une inflation persistante et difficile à contenir.
Le sociologue britannique Tom Bottomore affirme que « une minorité organisée influence toujours une majorité désorganisée ; et si la majorité désorganisée veut s’organiser, elle doit créer une minorité organisée ». L’idée essentielle ici est que les organisations sont celles qui exercent l’influence et qui devraient guider la population en de telles circonstances.










