Une nouvelle fois, le gouvernement marocain essuie un revers sévère de la part d’une institution internationale spécialisée dans le classement des pays selon la qualité de vie. Il s’agit du « Rapport sur la citoyenneté mondiale 2025 », qui se veut, selon son avant-propos, la première initiative du genre à interroger la valeur de la citoyenneté du point de vue d’un individu à mentalité globale. Dans ce classement, le Maroc arrive à la 95e place en matière de qualité de vie, devancé par plusieurs pays que le Royaume surpassait autrefois dans de nombreux domaines.
Ce rapport vise à constituer un outil basé sur des données concrètes pour mieux comprendre les choix qui s’offrent aux citoyens du monde, des choix souvent personnels, contradictoires et exigeants. À travers cinq axes d’analyse appelés « catalyseurs », le rapport examine la citoyenneté sous l’angle de la valeur perçue par les citoyens du monde.
L’Indice mondial de la citoyenneté (WCI), inédit en son genre, va au-delà du simple classement des passeports. Il évalue les nationalités en se basant sur cinq grands piliers : la sécurité et la sûreté, les opportunités économiques, la qualité de vie, la mobilité mondiale et la liberté financière — appelés donc les cinq catalyseurs.
L’indice évalue 188 pays à partir de ces cinq critères considérés comme les plus importants pour les individus à haut revenu. En fin de rapport, on peut consulter les classements des pays selon leur performance dans ces domaines clés : sécurité, économie, mobilité, etc.
On peut définir la qualité de vie comme un indicateur global du niveau de bien-être et de satisfaction des individus et des sociétés. Cet indice dépasse les simples critères économiques (comme le revenu ou le PIB) pour intégrer plusieurs dimensions qui influencent directement la vie quotidienne.
Parmi les cinq catalyseurs de la qualité de vie, le rapport identifie plusieurs éléments essentiels : la santé, l’éducation, l’environnement, la sécurité et la participation civique et sociale, ainsi que l’emploi, la vie personnelle, le logement et les infrastructures.
La santé englobe les dimensions physique, mentale et psychologique, essentielles pour évaluer le bien-être général.
L’éducation se mesure à travers son apport dans le développement des connaissances et compétences, favorisant ainsi l’accès à l’emploi et l’épanouissement personnel.
L’environnement prend en compte la qualité de l’air, de l’eau, les espaces verts et les conditions climatiques, autant de facteurs qui influencent directement la santé et la qualité de vie.
La sécurité, tant personnelle que financière, combinée au respect de l’État de droit, assure un cadre stable pour vivre et travailler.
Enfin, la satisfaction professionnelle, l’équilibre entre vie professionnelle et personnelle, l’accès à un logement décent et à des infrastructures de qualité sont également des éléments déterminants.
Avant même que le rapport ne vienne officialiser le rang du Maroc en matière de qualité de vie, les citoyens en font déjà l’expérience au quotidien. À l’exception de la sécurité, qui reste un domaine dans lequel le Maroc se distingue positivement et que le citoyen ressent réellement, les autres domaines traduisent un recul attribuable directement aux défaillances du gouvernement.
Ce dernier porte la responsabilité de l’effondrement du système éducatif, qui explique les mauvais scores obtenus dans ce domaine. Le logement, de son côté, est devenu hors de portée pour le salarié marocain moyen, sans parler de ceux sans emploi stable. Quant à la santé, la situation est si dégradée qu’elle ne surprend plus personne.
Alors, le gouvernement marocain osera-t-il encore une fois balayer ce rapport en le qualifiant de « fabriqué » et de « non scientifique » ?










