Leila Benali, ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, a choisi la voie la plus courte pour éviter le mal de tête causé par l’augmentation de la consommation énergétique pendant les périodes de forte chaleur, lorsque les climatiseurs fonctionnent à plein régime. Plutôt que de proposer une solution claire à la surutilisation des climatiseurs — ce qui aurait impliqué d’en recommander la réduction —, la ministre a préféré fuir dans une réponse vague, en quête d’un « chemin sans épines ». Sa solution magique ? Revenir aux méthodes de construction traditionnelles dans les zones rurales.
Dans tous les pays du monde, les gouvernements adoptent des approches concrètes pour faire face au froid et à la chaleur. En hiver, on distribue du mazout de chauffage à prix subventionné. En été, les États soutiennent l’acquisition de dispositifs de refroidissement à prix réduits, et interviennent pour alléger les factures d’électricité des citoyens.
Notre gouvernement — et celui dirigé par Aziz Akhannouch ne fait pas exception, sauf dans sa rigueur envers les citoyens — s’est désengagé de ses responsabilités sociales. Les chiffres avancés par le ministre du Budget, Fouzi Lekjaa, sur les familles ayant bénéficié d’un soutien social ne suffisent pas à masquer cette réalité : ce soutien est à peine équivalent à ce qu’une mère accorderait à son enfant sans emploi.
En hiver, certains citoyens meurent littéralement et symboliquement de froid, sans qu’aucune aide gouvernementale ne leur parvienne, jusqu’à ce que d’autres institutions, comme l’armée, interviennent avec des secours. En été, aucune aide n’est fournie aux habitants de régions où les températures atteignent entre 40 et 50 degrés, provoquant des conséquences sanitaires graves, notamment pour les enfants, les personnes âgées et les malades chroniques.
Dans sa réponse au Parlement, la ministre n’a pas caché la possibilité d’une hausse de la demande énergétique. Après un discours vide de sens sur les solutions urbaines, elle a affirmé que, pour les régions rurales et montagneuses, son ministère collabore avec l’Agence marocaine pour l’efficacité énergétique afin de promouvoir l’utilisation de matériaux de construction traditionnels et locaux. Elle a souligné que les températures dans des bâtiments inspirés du modèle des murs de pierre restreinte se maintiennent entre 15 et 25 degrés, même dans des zones à forte chaleur.
Une parole de vérité au service d’une politique injuste. Si le gouvernement voulait réellement des solutions, il aurait dû lancer des études pour réduire la consommation d’énergie en été. Des chercheurs dans nos universités sont capables de concevoir des systèmes de refroidissement à faible coût. Il est également possible de promouvoir des matériaux de construction inspirés de l’architecture traditionnelle. Mais tout cela nécessite un soutien de l’État — soutien qui a déjà fait défaut aux sinistrés du séisme d’Al Haouz. Alors que dire des habitants des montagnes et des campagnes ?
Ce n’est pas que ces solutions sont inaccessibles, elles sont simplement absentes de la pensée gouvernementale.
Le gouvernement, qui a pris l’habitude de laisser les citoyens se débrouiller seuls, est en train de les abandonner à leur sort, les poussant, comme le souhaite apparemment la ministre, à retourner à l’âge de pierre.










