Les organisations syndicales et professionnelles du secteur de la presse et de l’édition ont exprimé leur profonde stupéfaction à la suite des déclarations du ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication devant la Chambre des conseillers, affirmant que 80 % des observations du Conseil économique, social et environnemental (CESE) et du Conseil national des droits de l’homme (CNDH) auraient été intégrées dans les amendements du projet de loi relatif à la réorganisation du Conseil national de la presse (CNP).
Des déclarations qualifiées de “fausses” et attentatoires aux institutions
Selon ces organisations, ces affirmations, largement relayées dans les médias, constituent des “contrevérités” et une “déformation flagrante de la réalité”, portant atteinte à trois institutions constitutionnelles : la Chambre des conseillers, le CESE et le CNDH. Elles estiment que cette situation représente un “scandale politique et moral”, aggravé par la diffusion récente d’une vidéo attribuée à des membres de la commission de discipline et de déontologie relevant de la commission provisoire chargée de la gestion du secteur.
Exigence de publication des 80 % de propositions évoquées
Les organisations appellent le ministre à rendre publiques, sans délai, les propositions du CESE et du CNDH qu’il affirme avoir prises en compte. Elles rappellent que les deux institutions ont rendu leurs avis respectifs en septembre 2025, alors même que l’examen détaillé du projet à la Chambre des conseillers n’a eu lieu que le 1er décembre, ce qui rend, selon elles, invérifiable la déclaration du ministre.
Elles soulignent également que plusieurs recommandations de fond formulées par les deux conseils justifieraient, à elles seules, le retrait du projet de loi et son renvoi à un véritable processus de dialogue et de concertation.
Condamnation ferme de la vidéo controversée
Les organisations condamnent “avec la plus grande fermeté” la vidéo attribuée à des membres de la commission de déontologie, dénonçant les propos “dégradants, humiliants et attentatoires à la dignité professionnelle” visant le journaliste Hamid El Mahdaoui. Elles exigent que toutes les conséquences juridiques soient tirées de ces agissements.
Rejet catégorique du projet de loi actuel
Réaffirmant leur attachement aux principes d’indépendance, de démocratie et d’autorégulation, elles rejettent catégoriquement la version actuelle du projet de loi. Elles appellent les groupes parlementaires, en particulier ceux de la majorité, à engager une révision profonde du texte afin de garantir une véritable autonomie du CNP et de protéger la liberté de la presse.
Appel à la mobilisation du secteur
Les organisations saluent les positions exprimées par l’opposition parlementaire au sein de la Chambre des conseillers et invitent le ministre à ouvrir un dialogue social inclusif avec les acteurs du secteur. Elles appellent enfin les journalistes et les professionnels des médias à se mobiliser pour contrer “les tentatives de mainmise sur l’institution d’autorégulation” et défendre un modèle de gouvernance conforme aux principes de pluralisme et de liberté d’expression.










