La Fédération Marocaine des Éditeurs de Journaux (FMEJ) est montée au créneau contre les nouvelles conditions imposées par le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication pour bénéficier de l’aide publique destinée aux secteurs de la presse, de l’édition, de l’impression et de la distribution au titre de l’année 2026.
Dans un communiqué au ton ferme, la Fédération estime que ces nouvelles mesures traduisent une volonté de “mainmise” sur le secteur médiatique, particulièrement à l’approche de la fin du mandat gouvernemental. La FMEJ critique notamment l’introduction d’une nouvelle exigence imposant aux petites entreprises de presse électronique et aux médias régionaux de disposer d’au moins cinq cartes de presse professionnelles, en plus de celle du directeur de publication, afin d’accéder au système d’aide publique.
Selon l’organisation professionnelle, cette condition risque d’exclure des dizaines d’entreprises de presse locales et régionales déjà fragilisées économiquement. Elle souligne également que plusieurs structures ne peuvent actuellement obtenir de nouvelles cartes professionnelles en raison du blocage du Conseil National de la Presse (CNP), ce qui rend l’application de cette mesure pratiquement impossible.
La Fédération rappelle qu’elle avait déjà rejeté, dès 2023, le décret gouvernemental relatif à l’aide publique à la presse ainsi que l’arrêté ministériel qui en découle. Elle considère que les critères adoptés, notamment ceux liés au chiffre d’affaires et au capital, favorisent un “lobby” au détriment du pluralisme médiatique garanti par la loi sur la presse et l’édition.
La FMEJ estime par ailleurs que le gouvernement n’a pas respecté “l’esprit et la lettre” de la décision de la Cour Constitutionnelle concernant la réorganisation du Conseil National de la Presse. Elle accuse l’Exécutif de maintenir des mécanismes jugés contraires au principe de diversité et de représentativité dans le secteur.
Dans son communiqué, la Fédération avertit que cette politique pourrait conduire à la disparition progressive de plusieurs médias régionaux, aggravant ainsi la fragilité du paysage médiatique national et menaçant des centaines d’emplois dans le secteur de la presse.
L’organisation dénonce également ce qu’elle qualifie de “gestion anarchique” du dossier par le ministère de tutelle, évoquant un manque de concertation avec les professionnels ainsi qu’une communication jugée opaque autour des nouvelles conditions d’éligibilité.
Enfin, la FMEJ appelle à stopper ce qu’elle décrit comme “un plan de contrôle et d’hégémonie sur la presse”, estimant que la poursuite de cette orientation pourrait plonger le secteur dans “une crise profonde” et porter atteinte à l’image démocratique du pays.








