Il est très important que les partis politiques soient une force de proposition et ne se contentent pas de réagir aux décisions qui leur parviennent. Il est également souhaitable qu’ils prennent des initiatives visant à améliorer la vie politique et à assainir le paysage partisan.
À cet égard, il n’est pas déplacé de reprendre l’idée avancée par le secrétaire général du Parti du Progrès et du Socialisme concernant la nécessité d’élaborer un pacte politique entre les formations politiques. Il n’est pas indispensable d’adhérer à tous les contenus proposés, mais sur le principe général, il ne devrait pas y avoir de divergence.
Les responsables politiques marocains ne divergent pas sur le diagnostic de la réalité, mais plutôt sur les moyens d’y répondre. La quasi-totalité des acteurs politiques au Maroc, à l’exception des bénéficiaires du statu quo, reconnaissent que le paysage politique est assombri par la corruption et que les élections sont entachées par l’argent illégal, en particulier celui qui échappe aux mécanismes juridiques de contrôle, laissant les acteurs politiques impuissants face à la mise à mort de la démocratie par ses propres enfants.
Il est aujourd’hui communément admis que les élections au Maroc ne se déroulent pas de manière satisfaisante. C’est pourquoi la mise en place d’un pacte politique demeure une nécessité urgente, en tant qu’instrument moral venant compléter l’outil juridique pour dissuader les contrevenants, les opportunistes et ceux qui ne sont pas dignes d’être candidats puis élus.
Pour instaurer un pacte politique qui encadre les élections au Maroc, et par la suite le paysage politique dans son ensemble — puisque les élections constituent la pierre angulaire de toute démocratie — il est indispensable de définir un cadre général.
Dans son préambule, ce pacte doit clarifier le Maroc que nous voulons construire sur le plan politique : un Maroc s’appuyant sur la volonté royale d’un passage complet vers un État de démocratie et de droits humains. Cette volonté a été consacrée dans la Constitution de 2011 et confirmée dans de nombreux discours royaux, qui appellent régulièrement à rompre avec les pratiques antidémocratiques.
Lorsqu’on parle du Maroc politique de demain, il s’agit de concevoir une vision claire de ce que doit être le paysage politique futur, en tirant les leçons des dysfonctionnements constatés lors des précédents scrutins.
Le premier point du pacte politique devrait être l’engagement des partis à exclure certains profils de candidats. Autrement dit, établir une règle éthique claire qui empêche la candidature de toute personne soupçonnée de malversations. Comme indiqué précédemment, le pacte politique précède le droit, car il arrive qu’un candidat ait une réputation entachée sans qu’il existe de preuve légale suffisante pour le condamner. Dans ce cas, c’est le pacte politique qui doit intervenir pour l’écarter.
L’une des grandes problématiques qui gangrènent la vie politique reste l’intrusion massive de l’argent illicite, souvent dissimulé derrière des projets ou autres stratagèmes difficiles à détecter juridiquement. Le pacte politique peut contribuer, au moins en partie, à limiter ces pratiques.
La loi fixe un plafond pour les dépenses et le financement des campagnes électorales, mais de graves dépassements persistent dans ce domaine. Il est donc nécessaire que le pacte politique s’allie au cadre légal pour parvenir à un meilleur contrôle des financements électoraux.










