Le médicament symbolise la maladie, tandis que les carburants représentent le déplacement des personnes et des marchandises. La maladie accompagne l’être humain tant qu’il marche sur terre, tout comme le besoin de se nourrir. Cela signifie que les médicaments et les carburants sont les deux matières les plus essentielles dont l’être humain a besoin, surtout à une époque où les maladies se multiplient et où les déplacements sont plus fréquents. Toute discussion sur une répartition équitable des richesses commence donc par la capacité d’accéder facilement à ces deux produits.
Les médicaments devraient être bon marché et accessibles à tous, puisqu’ils constituent un élément fondamental de la vie du citoyen et de sa sécurité physique, sans laquelle il est impossible de parler de production. Il est supposé que toute personne se rendant à la pharmacie puisse acheter les traitements dont elle a besoin. Et si leurs coûts de production sont élevés, l’État doit intervenir pour les rendre accessibles à l’ensemble des citoyens, en comblant les écarts. C’est cela qu’on appelle une répartition équitable des richesses.
Mais il est regrettable que les médicaments soient au Maroc parmi les plus chers au monde, alors même que le pays a démontré sa capacité de production, notamment durant la pandémie de Covid-19. Nous ne savons pas qui cherche à maintenir les prix des médicaments à ce niveau exorbitant. Tous les rapports indiquent pourtant que leur prix sur le marché marocain dépasse de multiples fois les coûts de production.
Quant aux médicaments importés, ils sont soumis à une forme de domination et à un monopole de distribution qui les rend inaccessibles au plus grand nombre, en particulier ceux liés aux maladies chroniques, dont le prix équivaut parfois à celui d’un terrain ou d’une maison. Beaucoup se voient ainsi contraints de vendre leurs biens pour pouvoir se soigner. C’est d’ailleurs pour cela que l’Européen ne tient pas à posséder autant que le Marocain : l’État lui garantit un niveau élevé de stabilité ; il ne souffre ni de faim, ni de dénuement, ni de manque de soins. Ceux qui cherchent à s’enrichir sont simplement ceux qui aspirent à un niveau de vie luxueux.
Concernant les prix des carburants, ils ne baissent que légèrement avant de revenir à leur niveau habituel, alors même que les prix mondiaux restent stables. Malgré les rapports officiels évoquant le monopole et l’absence de concurrence — ou une concurrence entachée d’ententes — le gouvernement n’a pris aucune mesure. Nous le mentionnons par devoir, sachant que ce gouvernement représente avant tout une coalition de grands intérêts économiques.
La hausse des prix des carburants est directement liée à la flambée générale qui brûle le pouvoir d’achat des citoyens depuis l’installation de ce gouvernement, que ses défenseurs — ministres, parlementaires, journalistes et armées numériques — présentent pourtant comme auteur de « miracles ». Depuis quand une catastrophe est-elle un miracle ? Une catastrophe ne produit que l’impuissance.
Lorsque les prix des carburants augmentent en même temps que ceux des médicaments, cela signifie que certains cherchent à épuiser les Marocains. Les prix des carburants influencent en effet ceux de tous les produits alimentaires et de consommation.
On ne peut parler d’aucune réforme ni de gestion des crises sociales sans s’attaquer à la flambée des prix des médicaments et des carburants : les premiers touchent à la santé, les seconds touchent à la subsistance — c’est-à-dire à l’essence même de la vie. Mais « nul n’est plus sourd que celui qui ne veut pas entendre ».










