En plus des grèves dans plusieurs secteurs, l’enseignement supérieur rejoint à son tour le mouvement de boycott des cours pour une durée de 72 heures.
Il semble que le gouvernement aime créer des problèmes et même s’en nourrir, autrement, pourquoi les causes de ces crises se répètent-elles toujours de la même manière ?
Si l’exécutif cherchait réellement à instaurer la stabilité, il éviterait de reproduire les mêmes erreurs à l’origine de chaque mouvement de protestation sectoriel, notamment en écartant de manière systématique les centrales syndicales et les représentants des travailleurs et des fonctionnaires. Une démarche qui contredit totalement la Constitution, laquelle a consacré le principe de la concertation et de la participation.
Le gouvernement paraît déterminé à ignorer la Constitution, non seulement parce qu’elle impose une approche participative, mais aussi parce qu’elle a elle-même été élaborée à travers cette méthode, en recueillant les avis de toutes les composantes du peuple marocain : partis politiques, organisations civiles et personnalités publiques.
Dans le cas du secteur de l’enseignement supérieur, les initiateurs de la grève expliquent que ce mouvement vise à défendre l’université publique et la dignité des fonctionnaires, dénonçant la politique de fuite en avant du ministère de tutelle et son refus de s’asseoir à une véritable table de dialogue avec les partenaires sociaux, se contentant de réunions formelles et stériles.
Le ministère refuse de rencontrer les véritables concernés et s’adresse à des interlocuteurs qui ne représentent qu’eux-mêmes. Ce gouvernement, qui rejette le dialogue, prétend pourtant détenir la vérité.
Un gouvernement qui ne prend en compte que les intérêts des grands groupes qui contrôlent ses leviers de décision. S’il pensait réellement à l’intérêt général et à la stabilité du pays, il aurait ouvert la voie au dialogue au lieu de verser de l’huile sur le feu, surtout dans un contexte où d’autres secteurs vitaux connaissent des tensions similaires en raison des réformes annoncées, en particulier le projet de loi-cadre 24-59 relatif à l’organisation de l’enseignement supérieur, rejeté par les acteurs concernés car il représente une menace pour la gratuité de l’éducation.
Que perdrait le gouvernement s’il écoutait les différentes catégories sociales ? Rien. Au contraire, il gagnerait des idées utiles et peu coûteuses.
L’ignorance, comme le mépris, coûte cher et peut être fatale, et ses conséquences sont difficiles à réparer.
Dans tous les dossiers, le gouvernement a choisi de ne consulter personne, surprenant les acteurs concernés avec des projets de loi déposés directement devant le Parlement, et adoptés grâce à une majorité numérique, comme ce fut le cas pour la loi sur l’organisation du droit de grève. Le problème ne réside pas seulement dans le contenu, mais dans la méthodologie choisie, qui s’éloigne complètement du principe de participation retenu par le Maroc.
C’est également le cas de la loi relative au Conseil national de la presse, aujourd’hui bloquée au niveau de la Chambre des conseillers, après avoir été adoptée à la Chambre des représentants malgré l’opposition de la majorité des organisations professionnelles.
L’absence d’une vision globale de l’action gouvernementale plonge l’exécutif dirigé par Aziz Akhannouch dans une gestion chaotique de dossiers brûlants qui pèsent sur le pays. Des dossiers qui menacent la stabilité sociale et la sécurité publique des Marocains.









