La rentrée politique et sociale ouvre l’appétit des concernés pour parler des politiques sociales du gouvernement, qu’il s’agisse du gouvernement lui-même ou des syndicats, investis de la mission de défendre et protéger les intérêts des classes laborieuses.
Il est connu que le Maroc a choisi depuis ses débuts un modèle social clair. Dès son accession au trône, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a été surnommé « le Roi des pauvres », en raison de l’attention particulière qu’il accorde aux catégories vulnérables. Plusieurs institutions placées sous Sa supervision jouent également un rôle important dans la gestion de centres sociaux majeurs, qui s’attaquent à de grands problèmes au sein de la société.
Cependant, la volonté de l’institution monarchique de mettre en œuvre des actions sociales et de consolider une politique sociale claire, fondée sur l’équité dans la répartition des richesses et la justice territoriale, ne trouve pas la réactivité requise au niveau gouvernemental. Ainsi, le Maroc avance à deux vitesses en matière de politique sociale : l’une, conduite par Sa Majesté le Roi, atteint ses objectifs et a même donné naissance à des projets novateurs ; l’autre, dirigée par le gouvernement, va à contre-sens des attentes.
Dans des pays qui, comme le nôtre, ne disposent pas de grandes économies solides, soumis aux fluctuations du marché et influencés par les mutations régionales et internationales, les gouvernements choisissent généralement d’adopter des politiques sociales strictes, seules capables d’assurer la cohésion sociale.
Or, le gouvernement d’Aziz Akhannouch a opté pour la voie la plus facile, celle qui sert les intérêts du « regroupement des grands intérêts », sans considération pour les catégories sociales — fonctionnaires, ouvriers et autres acteurs liés au cycle économique. Il a préféré fuir en avant, sans tenir compte du partenariat entre les enfants de la patrie, qui suppose de partager les richesses nationales sans qu’une minorité ne s’accapare tout.
Le gouvernement a choisi d’écarter les représentants de la société des questions entrant dans le champ de la politique sociale, allant jusqu’à promulguer des lois nuisibles aux catégories populaires sans consulter personne, s’appuyant sur sa majorité parlementaire toujours prête à voter en toutes circonstances. Or, les parlements sont censés voter dans l’intérêt général : le Parlement français, par exemple, n’a pas hésité à faire tomber François Bayrou, non par esprit d’imitation, mais à titre de rappel.
Toutes les lois produites par le gouvernement ont été au service des intérêts du « regroupement des grands intérêts ». Ce sont des lois dangereuses pour la cohésion sociale, car elles sapent les fondements de la solidarité familiale, après avoir restreint des revenus déjà insuffisants pour couvrir les besoins essentiels de la vie, sans parler d’aider autrui.
De plus, tous les projets présentés par le gouvernement à la société visaient essentiellement à écouler des postures électorales. Il est désormais manifeste que de nombreux programmes sociaux liés à la solidarité ou au soutien direct aux familles étaient corrélés à la carte électorale, à travers le contrôle de la carte démographique — ce qui est extrêmement préoccupant.
Ainsi, bien que qualifiée de « politique sociale gouvernementale », cette politique reste bel et bien une politique sociale de l’État. Elle ne saurait être instrumentalisée comme un outil exploitable dans les campagnes électorales pour capter des voix. La finalité de la politique sociale est d’assurer la justice dans la répartition des richesses, et non de favoriser un camp politique au détriment d’un autre.










