Un pays avance à deux vitesses. Sa Majesté le Roi Mohammed VI avait déjà évoqué un Maroc qui progresse à deux rythmes, en parlant alors de la production. Cette réalité peut être étendue à d’autres domaines. C’est ce que révèlent deux rapports récents publiés séparément : l’un sur la démocratie et l’autre sur la stabilité et la lutte contre le terrorisme.
Dans le rapport récemment publié sur la démocratie, le Maroc a été classé parmi les derniers rangs. Cela est regrettable, d’autant plus que l’institution monarchique a fourni tous les outils nécessaires à sa consolidation, et que le choix démocratique est devenu une constante irréversible. En effet, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a posé les bases d’un État démocratique fondé sur la participation.
Le Souverain a proposé une grande réforme démocratique à travers la Constitution de 2011, élaborée par une commission de rédaction et enrichie par des consultations. D’importantes prérogatives ont été transférées au chef du gouvernement. Toutefois, il est aujourd’hui évident que le gouvernement — en particulier celui qui gère actuellement les affaires courantes — a abandonné ses engagements et emprunté une voie plus facile.
Le gouvernement a choisi la facilité, en agissant de manière unilatérale et en ignorant l’« approche participative » consacrée par la Constitution. Il a ainsi transformé l’institution législative en simple mécanisme de validation des décisions gouvernementales, au lieu d’en faire un organe de contrôle et d’amélioration des lois.
Au fil des années, le gouvernement a montré une tendance hégémonique, en contradiction avec les orientations démocratiques du Maroc, misant sur sa majorité numérique pour imposer ses choix aux différentes catégories sociales. Cette démarche s’est illustrée dans l’adoption de la loi sur la grève, dans les tentatives de réforme des professions juridiques, ainsi que dans la volonté d’élaborer une loi sur mesure pour encadrer le Conseil national de la presse.
Le gouvernement dispose de larges prérogatives dans la Constitution actuelle et, à ce titre, porte l’entière responsabilité du recul du Maroc dans les classements internationaux relatifs à la démocratie.
Dans le second rapport, publié par l’Institut pour l’économie et la paix et relatif à l’Indice mondial du terrorisme, le Maroc figure parmi les pays les plus résilients face aux menaces terroristes. Il est classé parmi les 25 premiers pays sur 163 n’ayant enregistré aucune attaque terroriste depuis plus de 15 ans.
Ce classement n’est pas le fruit du hasard, mais le résultat du professionnalisme et de l’efficacité des institutions sécuritaires et de renseignement marocaines, qui ont adopté depuis longtemps une approche proactive basée sur des opérations préventives précises. Le Maroc est devenu une référence dans le suivi des mouvements terroristes et a fourni des informations cruciales à plusieurs pays, contribuant à éviter des attaques en Espagne, en France, en Belgique et aux États-Unis. Cela a valu une reconnaissance internationale, notamment à travers les distinctions honorifiques accordées au responsable sécuritaire Abdellatif Hammouchi.
Deux vitesses qu’il convient de dépasser. De la même manière que le Maroc a progressé dans la gestion de la sécurité et de la stabilité, il doit également avancer dans le domaine de la démocratie, qui constitue le socle social de la sécurité et de la stabilité.










