En une seule journée, deux sit-in de protestation ont été organisés : le premier à Tiznit, devant l’hôpital provincial Hassan Ier, et le second à Zagora, devant l’hôpital provincial.
À Tiznit, les citoyens sont sortis dénoncer la dégradation des services de santé : « pas de médecins », « pas de médicaments », pas d’infrastructures hospitalières.
« Les gens en ont assez » d’attendre des solutions. Ils ont déclaré la « fin de la patience » et exigé le respect du droit des mères obligées d’attendre des « heures entières » dans des salles vides, des enfants malades renvoyés aux portes de dispensaires fermés, et des personnes âgées incapables de trouver les médicaments les plus basiques contre le diabète ou l’hypertension.
La voix des habitants de Tiznit a même atteint le Parlement, à travers une question adressée au ministre de la Santé, Amine Tahraoui, dont le département a choisi, encore une fois, sa politique favorite : « faire le mort ».
La question parlementaire a alerté sur la situation sanitaire dramatique de Tiznit, en particulier au service de maternité de l’hôpital Hassan Ier, désormais sans médecins spécialistes, alors qu’il comptait auparavant deux gynécologues-obstétriciens. Cette carence met en danger la vie des femmes enceintes, surtout celles venant de zones éloignées. L’administration hospitalière les transfère vers Agadir — si elles parviennent à y arriver vivantes.
C’est exactement ce qui est arrivé à une femme enceinte de Zagora, décédée avec son bébé sur la route reliant l’hôpital de Zagora à celui de Ouarzazate, après que le personnel médical de l’hôpital provincial de Zagora n’ait pu gérer les complications de son accouchement, faute d’équipements nécessaires.
Les habitants de Zagora sont eux aussi descendus dans la rue pour dénoncer la situation catastrophique du système de santé dans leur ville.
Et qu’a fait le ministère de la Santé après ces deux protestations ? Rien.
Nos petites villes, nos douars et nos régions montagneuses crient leur souffrance face à la « pénurie de santé » : pas de dispensaires, pas de centres de soins ; et quand ils existent, ce ne sont que des bâtiments vides, sans médicaments ni médecins, ressemblant à de simples points de passage où le malade obtient « un papier » pour accéder aux hôpitaux des grandes villes.
Mais sur le chemin de ces hôpitaux, la souffrance s’aggrave à cause de la longueur des trajets et parfois de leur dangerosité, ce qui coûte la vie à de nombreux citoyens, notamment des femmes enceintes.
Il faut l’admettre : il existe un profond dysfonctionnement dans le système de santé marocain et une absence criante d’équité territoriale en matière de soins. Dans le « Maroc profond », jugé « non rentable », la mort poursuit chaque malade, faute de médecins, de structures de proximité et d’équipements élémentaires. Ces centres se transforment ainsi en lieux où l’on « perd la vie » au lieu de la sauver.
Et qu’a fait le ministère de la Santé ? Rien.










