Après quatre années d’exercice, les conclusions concernant ce gouvernement sont désormais claires : il a donné un titre à chaque chose, mais sans aucune portée réelle. La rentrée sociale n’est qu’un intitulé servant de prétexte à des rencontres avec les syndicats, avant que le gouvernement ne se désengage de tout dialogue, laissant les secteurs s’enliser dans leurs propres difficultés et gérer seuls les tensions, à travers de simples mesures de replâtrage, sans jamais s’attaquer aux problèmes de fond.
Le gouvernement a annoncé la convocation des syndicats pour entamer de nouveaux cycles de dialogue social au niveau sectoriel. Or, il s’agit d’une pratique habituelle, vidée de sa substance, où il met en place des procédures excluant toute concertation réelle, marginalisant systématiquement la société civile, y compris sur les mesures touchant directement les fonctionnaires et les travailleurs, sans consulter aucune instance professionnelle.
Cette rentrée sociale coïncide avec l’intervention médiatique du Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, considérée comme un échec retentissant en matière de communication politique. Les chiffres qu’il a présentés comme motifs de fierté sont en réalité des indicateurs alarmants, au point que l’exécutif aurait tout intérêt à se cacher. Car la rentrée sociale s’effectue dans un contexte de grande fragilité.
Le Premier ministre s’est targué d’assurer un soutien social direct à quatre millions de familles – soit 12 millions de Marocains. Rebaptisé « l’indicateur » dans l’opinion publique, ce mécanisme est perçu par le gouvernement comme une solution. Pourtant, il illustre surtout une profonde crise : un pays reconnu pour son poids stratégique et sa présence internationale majeure se retrouve avec un tiers de sa population vivant dans une grande précarité.
Cet « indicateur en dents de scie » ne témoigne nullement d’un succès gouvernemental, mais plutôt d’un échec flagrant, révélant l’incapacité à gérer les affaires sociales par la production et la création de structures productives capables d’absorber le chômage. Comment expliquer qu’un tiers des Marocains se trouvent dans une telle situation de vulnérabilité ? Les bénéficiaires de ce soutien direct sont des citoyens de plus de 18 ans, autrement dit en âge de travailler, à l’exception de ceux qui ont dépassé l’âge actif sans bénéficier d’une retraite. Quelle anomalie ! Ces personnes échappent à toute couverture sociale : qui donc travaille réellement au Maroc ?
Ainsi, le gouvernement prépare la rentrée et le dialogue social avec des chiffres pour le moins inquiétants, sans aucune perspective de solution durable. Pire encore, il s’apprête à adopter des mesures qui risquent d’affaiblir davantage les droits liés à l’emploi.
Comment peut-on parler d’une rentrée sociale « normale », alors que l’exécutif a accumulé de nombreux problèmes restés sans réponse l’année dernière ? De quelle rentrée s’agit-il, alors même qu’aucun « bilan de sortie » politique et social n’a été dressé pendant l’été ? Les dossiers sont demeurés ouverts, et l’année s’annonce marquée par de multiples tensions, comme l’ont déjà annoncé les principales centrales syndicales.










