Que signifie le fait que les sociétés de distribution de carburants enregistrent des profits faramineux alors que les crises sociales ne cessent de s’aggraver au Maroc ? N’aurait-il pas été plus juste que ces entreprises, y compris celles appartenant au Chef du gouvernement, partagent une partie de leurs gains avec les Marocains afin de rétablir un certain équilibre ? Pourquoi tant d’avidité au point de ترك المواطنين تحت وطأة الغلاء ؟
La baisse des prix des carburants entraîne automatiquement une baisse des prix des autres produits de consommation. Face à près de 100 milliards de dirhams de bénéfices réalisés par ces entreprises, celles-ci auraient pu se contenter du quart فقط، مما كان سيسهم فعلاً في حل مشاكل البلاد. Certaines solutions ne nécessitent qu’une conscience éveillée, un cœur attaché au pays et l’acceptation d’un profit raisonnable.
Un rapport récent du Conseil de la concurrence révèle de nouvelles données qui ravivent le débat sur les bénéfices des sociétés pétrolières. Ces entreprises — qui disposent de représentants au sein du gouvernement et de l’appareil législatif — ont clairement profité de la baisse des prix sur les marchés internationaux. Le citoyen, lui, n’a tiré aucun avantage de ce recul.
Des profits « excessifs » sont réalisés, comme si ces entreprises étaient engagées dans une bataille contre le peuple. Les marges bénéficiaires moyennes atteignent un dirham et demi sur le gasoil, et deux dirhams et demi sur l’essence — des bénéfices colossaux comparés à ceux des distributeurs.
Les spécialistes soulignent que le Conseil de la concurrence évite de répondre à des questions essentielles concernant l’écart entre les marges bénéficiaires avant et après la libéralisation du secteur, un point pourtant central dans le débat public sur la légitimité des profits réalisés.
L’impact de ces hausses ne se limite pas au portefeuille des consommateurs : il touche également les finances publiques. Le rapport indique en effet une baisse des recettes fiscales liées aux importations de carburants, conséquence de la diminution de la valeur des importations due à la baisse des prix internationaux, malgré une hausse des volumes importés. Pour les experts، cela révèle la fragilité du système actuel de tarification, qui expose les revenus de l’État aux fluctuations du marché international, alors que les entreprises, elles, bénéficient de la flexibilité issue de la libéralisation.
Les appels se multiplient pour que l’État revienne à une régulation des prix des carburants, ou qu’au moins un plafond soit fixé pour les marges de bénéfices. On réclame également la réouverture de la raffinerie de Mohammedia, compte tenu de son importance stratégique dans la maîtrise des coûts de raffinage et dans la garantie de la sécurité énergétique nationale. Pour les défenseurs de cette option، cette mesure est devenue indispensable pour protéger le pouvoir d’achat des citoyens, face à des hausses qui affectent directement les prix du transport, des denrées alimentaires et des services.
Le dernier rapport du Conseil de la concurrence a remis le débat à zéro : certains défendent l’idée que les entreprises ont bénéficié d’une marge « légitime » dans un marché libéralisé.
Depuis la formation de ce gouvernement, nous avons affirmé qu’il représente « un rassemblement de grands intérêts économiques », et que ses actions et orientations ne peuvent sortir de ce cadre. Il est donc naturel qu’il défende les intérêts d’une minorité, au détriment du peuple et de ceux qui l’ont élu.
Il ne serait pas honteux que ces entreprises renoncent à une partie de leurs profits « excessifs » et injustifiés. Bien au contraire، il est du devoir du gouvernement — et de toute personne soucieuse de l’intérêt national — d’imposer des baisses de prix conformes aux cours internationaux afin d’atténuer la crise.









