Les vacances d’été sont terminées, mettant fin à de nombreuses activités organisées au cours des deux derniers mois, notamment les festivals tenus dans plusieurs villes. Il s’agit ici des festivals mis en place par les collectivités territoriales, à l’exclusion de ceux organisés par les sociétés privées.
En tant qu’institutions élues, les collectivités territoriales ont l’obligation de protéger les fonds publics qui leur sont confiés, ce qui implique une gestion transparente de leur utilisation. Certes, les budgets alloués aux festivals ne sont généralement pas très élevés, mais même un seul dirham doit être dépensé à bon escient et avec transparence. Il n’est absolument pas légal de créer des associations – ce qui se fait fréquemment – puis de leur octroyer des fonds pour organiser un festival où les artistes invités sont choisis « sur mesure ».
Aucune collectivité territoriale n’a jamais justifié le montant attribué à tel ou tel festival. On se demande parfois sur quels critères une commune peut décider de consacrer un milliard de centimes à un événement. Quelles sont les références adoptées pour fixer de telles enveloppes ?
Au-delà de la question de la transparence financière, se pose celle de l’animation artistique, qui suscite souvent des polémiques en raison de l’invitation d’artistes controversés ou connus pour leurs comportements déviants. Certains défendent ces choix en arguant que ces artistes attirent un large public, et qu’il ne faut pas être « tuteur » des goûts des gens.
Cependant, plusieurs collectivités sont dirigées par des responsables peu versés en matière culturelle, qui considèrent qu’un festival réussi est uniquement celui qui attire des foules nombreuses. D’autres y voient une opportunité de propagande personnelle.
En réalité, les collectivités territoriales sont tenues d’organiser des festivals culturels et récréatifs, car il est du droit des citoyens de profiter durant l’été d’une offre artistique. Mais elles ne sont pas obligées d’inviter des artistes capables de rassembler des foules au détriment de la qualité, même si leur art est jugé médiocre.
Les collectivités territoriales ne doivent pas et ne peuvent pas se transformer en concurrentes des organisateurs privés de spectacles. Avec qui cherchent-elles réellement à rivaliser ? L’essentiel n’est pas le nombre de spectateurs, mais la dignité de l’événement qui doit respecter une sensibilité collective, avec un socle minimal partagé sur les plans social, culturel et religieux.
Il ne s’agit pas de rejeter tel ou tel genre artistique, mais il n’est pas acceptable de financer avec l’argent public des productions considérées comme moralement dégradantes. Personne ne peut nier qu’il existe un répertoire artistique consensuel, avec des dizaines d’artistes incarnant véritablement les valeurs marocaines, forgées à travers les décennies et les siècles.
À l’inverse, certains courants « à la mode » n’ont rien à voir avec l’identité marocaine, même s’ils sont suivis par un large public. Ils relèvent d’un art éphémère, vite périmé et réduit à une marchandise vouée à disparaître en un clin d’œil.
Que cherchent donc les communes avec des festivals rassemblant des milliers de personnes ? Ce type de chiffres ne devrait concerner que les organisateurs privés, puisque dans ce cas le public choisit librement de payer son billet. En revanche, dès lors que l’argent public est en jeu, il est inadmissible de le gaspiller pour promouvoir des formes artistiques jugées dégradantes.










