À l’approche de la rentrée scolaire, une période charnière qui marque la transition entre repos et travail, de nombreuses questions brûlantes surgissent. Dans notre pays, les réponses gouvernementales semblent cependant limitées à une dimension purement commerciale, sans réel lien avec la mission éducative de l’école.
La rentrée devrait raviver les débats fondamentaux sur l’éducation, notamment sur l’échec du système éducatif, transformé en un vaste terrain d’expérimentation pour les programmes scolaires. Ces changements concernent surtout la modification constante des manuels scolaires, qui s’inscrit dans une logique commerciale pesante pour les familles marocaines.
Autrefois, le renouvellement des manuels était motivé par des besoins pédagogiques : un livre devenait obsolète lorsqu’il ne répondait plus aux exigences des élèves et à la finalité éducative, indépendamment du temps. Aujourd’hui, ce principe a disparu, et le marché du manuel scolaire est dominé par des entreprises et des lobbies influents, davantage préoccupés par la compétition commerciale que par l’efficacité pédagogique.
L’attention du ministère semble aujourd’hui concentrée sur deux aspects : les écoles « d’excellence » et la coordination avec les syndicats pour assurer une année scolaire sans heurts, surtout dans un contexte politique où le gouvernement veut se concentrer sur l’année électorale à venir.
Or, il n’y a ni justification scientifique ni pédagogique pour cet intérêt porté aux écoles d’excellence, qui ne portent pas leur nom. Ce modèle, inspiré de certains systèmes en Asie de l’Est pour rattraper les élèves en difficulté, tend à favoriser une approche de l’apprentissage passive. Les enseignants se contentent de transmettre les cours par email, et les élèves reçoivent quelques textes à répéter toute la semaine, renforçant ce que l’on pourrait appeler une « paresse pédagogique ».
L’aspect fondamental des écoles d’excellence reste leur dimension commerciale. Contrairement aux écoles classiques où l’État ne fournit pas les outils pédagogiques (la liste est remise aux parents pour achat), ces écoles nécessitent un important dispositif logistique : tableaux interactifs, ordinateurs, téléphones, etc., profitant à des entreprises bien connues.
Le manuel scolaire demeure un véritable fléau de l’éducation au Maroc, car il est soumis à une logique commerciale : il est régulièrement remplacé pour empêcher les familles d’utiliser le même manuel pour plusieurs enfants sur plusieurs années.
Ainsi, la rentrée scolaire est structurée autour de calculs commerciaux et matériels : des intérêts commerciaux pour les lobbies, les entreprises et les manuels scolaires, et des intérêts matériels pour les syndicats. Pendant ce temps, le système éducatif continue de souffrir, fragilisant l’école et épuisant l’enseignement










