Au Maroc, il existe deux vitesses différentes, et certains penseurs parlaient déjà de deux sociétés vivant sous un même toit.
Exemple de la première vitesse : l’inauguration de l’usine Tata Advanced Systems Morocco pour le renforcement de l’industrie de défense nationale.
Exemple de la seconde vitesse : malgré les problèmes, le Chef du gouvernement se déplace à titre partisan dans plusieurs régions, dans ce qui a été décrit comme une campagne électorale prématurée.
Depuis son accession au trône, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a toujours eu pour habitude de diagnostiquer avec précision les problématiques, de mettre le doigt sur la plaie pour en chercher le remède. Dans son dernier discours du Trône, le Souverain a été clair : le Maroc avance à deux vitesses, une situation négative qui freine le développement. Car en parallèle des projets stratégiques d’envergure, on constate un retard flagrant dans tout ce qui concerne l’action gouvernementale.
L’inauguration de l’usine Tata Advanced Systems Morocco pour développer l’industrie de défense constitue un moment charnière dans l’histoire du Royaume. Elle jette les bases d’une autonomie dans la production d’armement défensif et fait du Maroc un futur hub de fabrication de véhicules militaires destinés à l’exportation vers différentes régions du monde.
Ce n’est pas une surprise de voir le Maroc s’engager dans l’industrie militaire. Puisque l’industrie repose sur les mêmes logiques et équations, le Royaume bénéficie d’un atout considérable dans ce domaine. Déjà devenu une plateforme d’exportation automobile, abritant des dizaines d’usines spécialisées et produisant pour de grandes marques mondiales, le Maroc a prouvé son savoir-faire industriel.
Le pays accueille également de nombreuses usines de fabrication de composants automobiles, tels que radiateurs, batteries et pièces de moteurs, au profit de grandes entreprises internationales. À cela s’ajoutent plus de quarante usines spécialisées dans la fabrication de composants aéronautiques. Aujourd’hui, la majorité des constructeurs mondiaux utilisent des pièces fabriquées au Maroc, preuve du rôle clé que joue le pays dans ce secteur.
Ainsi, le Maroc s’est transformé en une véritable base d’accueil pour de multiples industries, et son tissu industriel solide le rend éligible à développer également une industrie militaire performante.
Ces grandes industries stratégiques incarnent la première vitesse du Maroc. Elles se traduisent concrètement par la construction de routes, de ponts, de viaducs et par le lancement de la ligne à grande vitesse. Mais ces réalisations ne se reflètent pas dans le quotidien des citoyens, car à cette vitesse dynamique s’oppose une lenteur excessive de l’exécutif, chargé pourtant de gérer les affaires économiques, sociales et vitales des Marocains, en matière d’emploi, de santé et d’éducation.
Pendant que le Maroc avance à grande échelle sur certains chantiers, il traverse parallèlement une période de tension due à la mauvaise gestion gouvernementale. Aziz Akhannouch, Chef du gouvernement, a laissé de côté ses responsabilités pour réunir les dirigeants de son parti et entreprendre une tournée dans plusieurs régions. Des rencontres qualifiées de « campagnes électorales » où les responsables partisans n’ont présenté aucun projet politique clair, préférant s’approprier des réalisations auxquelles ils n’ont pas contribué, et les attribuer à un gouvernement impuissant, donc à leur Chef qui en est le leader.










