Par « sages », nous entendons ici les « sages » du mouvement de protestation de la Génération Z, descendus dans la rue depuis samedi dernier, brandissant divers slogans revendicatifs.
Personne ne conteste le droit à la protestation, en tant qu’élément fondamental de la démocratie. Mais il est absolument inacceptable, sous quelque prétexte que ce soit, de justifier les actes de violence et de vandalisme commis par certains manifestants ou par ceux qui ont profité du contexte des rassemblements, allant jusqu’à tenter de prendre d’assaut un poste de gendarmerie et de s’emparer d’armes et de munitions.
Nul ne nie la légitimité des slogans du mouvement. Mais il faut rappeler que ceux qui les scandent affirment agir pour le bien du pays. Or, ce pays est celui de tous. Si la volonté est réellement de servir l’intérêt national, il est nécessaire de suspendre toutes les formes de manifestations afin de distinguer les véritables protestataires des fauteurs de troubles et des auteurs d’actes destructeurs.
On ne peut croire qu’un mouvement soucieux du bien de la nation serve en même temps de couverture à des actes de sabotage. C’est pourquoi il incombe aux responsables de ce mouvement, par souci de crédibilité, de sincérité et de bonne foi, d’annoncer la suspension des protestations afin de permettre une séparation claire entre les manifestants pacifiques et les émeutiers, voleurs, casseurs et destructeurs de biens publics et privés.
Les autorités publiques et les forces de sécurité ont fait preuve d’un sang-froid exemplaire face aux manifestations. Même les quelques dérapages constatés étaient le fait des fauteurs de troubles. Tout le monde reconnaît que les choses se sont déroulées de manière globalement normale et que les arrestations opérées au début se sont faites avec un usage mesuré de la loi.
Les autorités ont agi ainsi parce qu’elles mesurent la responsabilité qui leur incombe dans la préservation de la sécurité et de la stabilité dont jouit notre pays, un bienfait et une grâce qu’il faut protéger au lieu de les gaspiller dans des comportements irréfléchis de certaines franges de la société.
L’application de la loi est un devoir juridique, constitutionnel et moral pour les autorités publiques, à qui la société a confié, par un pacte historique, la mission d’assurer l’ordre et d’empêcher les comportements nuisibles de ceux qui s’en écartent.
Or, puisque la protestation n’a rien à voir avec le vandalisme, puisque le mouvement lui-même se déclare opposé à toute destruction, puisque des casseurs s’y infiltrent et exploitent ses slogans, et puisque de nombreux opportunistes surfent sur cette vague, il appartient à ceux qui réfléchissent avec raison et aiment leur pays de priver les fauteurs de troubles de cette opportunité, en suspendant les manifestations en attendant une issue favorable, telle que la souhaite tout esprit sensé dans ce pays.
Les casseurs trouvent un terrain commun avec ceux qui ont produit les conditions sociales favorisant la tension. Nous avons vécu quelques années d’un désordre flagrant – responsabilité directe du gouvernement – dont les actes n’ont fait qu’alimenter la rancune sociale. Que pouvait-on attendre de ministres qui humilient les citoyens ? Comment la société peut-elle réagir lorsqu’un ministre déclare : « Mon fils a étudié au Canada, il est à l’abri » ? Que doit penser un citoyen qui voit son gouvernement agir contre lui ?
De A à Z, c’est le gouvernement qui a fabriqué les causes de l’incendie.
Mais le mouvement de protestation, s’il veut réellement le bien du pays, doit priver les détracteurs et les malintentionnés de cette occasion.










