À la veille de l’examen en commission du projet de loi n°26-09 relatif à la réorganisation du Conseil national de la presse, la Fédération marocaine des éditeurs de journaux (FMEJ) a lancé un appel aux parlementaires ainsi qu’aux « forces de sagesse », les invitant à intervenir pour préserver l’indépendance de l’instance d’autorégulation et contrer ce qu’elle qualifie d’« hégémonie gouvernementale ».
Dans un communiqué publié lundi 27 avril, le Bureau exécutif de la Fédération estime que le texte défendu par l’Exécutif représente une menace pour la liberté de la presse et pour l’autonomie du secteur médiatique. Selon l’organisation, ce projet est largement rejeté par plusieurs composantes professionnelles, associations de défense des droits humains ainsi que diverses forces politiques et syndicales.
La FMEJ considère que les députés sont aujourd’hui face à une « responsabilité historique » pour protéger les acquis démocratiques liés à la presse, en refusant un texte jugé régressif. Elle reproche également au ministère de tutelle son refus d’ouvrir un dialogue réel avec les acteurs concernés, ainsi que sa volonté de faire adopter la réforme malgré les critiques formulées.
L’organisation affirme aussi que certaines observations de la Cour constitutionnelle n’auraient pas été pleinement prises en compte dans la nouvelle version du projet. Elle dénonce par ailleurs une logique de nomination au détriment de l’élection des représentants professionnels, estimant que les instances d’autorégulation doivent être composées de journalistes et d’éditeurs choisis par leurs pairs.
Autre point de contestation : les critères de représentativité envisagés dans la composition du futur Conseil. La Fédération rejette toute approche fondée sur la puissance financière ou le chiffre d’affaires, estimant que cela ouvrirait la voie à une concentration du pouvoir au sein de l’instance.
La FMEJ appelle enfin les membres de la Chambre des représentants à défendre l’image démocratique du Royaume en rejetant ce projet de loi, tout en réaffirmant sa volonté de poursuivre la mobilisation avec les organisations professionnelles et les composantes de la société civile opposées au texte.










