Avec la récente perturbation des conditions météorologiques, les chaînes d’approvisionnement ont été affectées, en particulier celles liées aux carburants, devenus fortement dépendants de l’extérieur depuis le passage du raffinage national à l’importation de produits pétroliers raffinés. Cette dépendance a accéléré l’émergence de la crise. En effet, après les perturbations climatiques, le trafic maritime a été désorganisé dans plusieurs ports, notamment au port industriel pétrolier de Mohammedia.
Ces perturbations n’auraient pas eu un impact aussi marqué sur le marché des carburants et leurs prix si le gouvernement avait fait preuve de sérieux dans la réalisation des équilibres économiques et dans la garantie de l’existence d’un stock stratégique, estimé à au moins 60 jours. Or, après seulement quelques jours, on a commencé à parler de crise et de difficultés d’approvisionnement. S’il est certes difficile de nier l’impact des perturbations sur les chaînes logistiques, il est tout aussi déraisonnable d’évoquer une pénurie de carburant dès les premiers jours des inondations.
À chaque crise que connaît notre pays, le gouvernement se dérobe à ses responsabilités constitutionnelles, à savoir garantir la stabilité sociale et économique du pays et assurer la continuité de l’approvisionnement des citoyens en produits essentiels. Pourtant, il a choisi de se placer dans un camp opposé à celui du citoyen.
Alors que l’ensemble des institutions ont fait front commun pour défier des conditions difficiles, afin d’assurer un passage sûr de la tempête avec le moins de pertes possible et de protéger les vies humaines, le gouvernement n’a même pas pris la peine de dire la vérité aux citoyens, encore moins de se tenir à leurs côtés.
Concernant les carburants, la ministre de la Transition énergétique est intervenue dans une tentative désespérée de rassurer les citoyens à travers un communiqué isolé. Or, la réalité est amère et les faits démentent la ministre et son communiqué, puisque de nombreuses stations-service n’ont pas été en mesure de s’approvisionner en carburants et ont cessé leur activité en attendant un rétablissement de l’approvisionnement.
La poursuite des perturbations météorologiques, ayant empêché l’accostage de navires chargés de carburants dans plusieurs ports nationaux, a accentué les craintes des citoyens et des acteurs économiques. Pourtant, le gouvernement s’est contenté du communiqué de la ministre, sans mesures supplémentaires ni interventions concrètes.
Plus grave encore, le gouvernement ne semble accorder aucune importance aux alertes internationales. En effet, un document lié à la navigation aérienne a appelé les avions à destination du Maroc à s’approvisionner en quantités suffisantes de kérosène avant leur arrivée, en raison d’un manque de cette matière dans le pays.
Le gouvernement n’a pas expliqué la signification ni la portée de cet appel, ni son lien avec la situation qu’il prétend être normale. Or, la vérité est que la situation révèle une fragilité préoccupante.
Les automobilistes, peu soucieux des chiffres ou des données liées à l’import-export, ont constaté de leurs propres yeux une forte affluence dans les stations-service, les citoyens remplissant les réservoirs de leurs véhicules par crainte d’atteindre un niveau de pénurie totale.
À cette occasion, nous nous interrogeons, comme beaucoup d’autres, sur le degré d’engagement du gouvernement à assurer la disponibilité des produits de base, sur le respect de la loi par les sociétés de distribution des carburants, ainsi que sur le rôle des autorités compétentes dans le contrôle de son application.
La loi oblige le gouvernement à garantir un stock stratégique d’au moins 60 jours. Nous doutons sérieusement de son existence, car s’il était réellement disponible, quelques jours d’inondations n’auraient pas suffi à provoquer une telle situation.










