Le travail en matière de défense des droits humains exige du courage, celui d’adopter la vérité lorsqu’elle se manifeste, mais il devient une arme dangereuse lorsqu’il repose sur la rancune ou les préjugés de l’acteur des droits humains envers une partie donnée. L’action en faveur des droits humains a un seul objectif : surveiller les violations lors de l’application de la loi, mais aussi celles qui peuvent être commises à l’encontre de ceux qui l’appliquent.
L’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH) a publié ce qu’elle a qualifié de « rapport préliminaire » sur la gestion sécuritaire des manifestations de la génération “Z”, attribuant l’entière responsabilité des événements aux forces de l’ordre. Pourtant, tout rapport sérieux en matière de droits humains se doit d’être objectif et équitable, même lorsqu’il concerne une entité dont on n’apprécie pas l’action, surtout lorsque cette entité demeure essentielle à la stabilité et à la continuité historique du pays.
Comment ne pas se sentir humilié, en tant que Marocain, lorsqu’un expert étranger en droits humains, tel que Louis-Marie Bouaka, ancien représentant du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme et membre du conseil scientifique de l’Institut international des études géopolitiques de Montpellier, salue l’intervention des forces publiques marocaines, la qualifiant de « mesurée, progressive et non violente » ?
Bouaka n’est pas un observateur ordinaire. Dans son analyse, il a souligné l’approche préventive et pacifique adoptée par le Maroc. Selon lui, les interventions ont été menées dans le strict respect des procédures légales : avertissements sonores, rappels des interdictions, déploiement de forces non armées, dispersion pacifique des participants, et arrestations limitées sous la supervision du parquet.
Ce modèle, selon Bouaka, prouve qu’il est possible de contenir des mobilisations illégales sans recourir à la violence — un fait rare dans un contexte international où les interventions sécuritaires riment souvent avec répression et usage excessif de la force.
L’approche marocaine illustre ainsi un nouveau paradigme sécuritaire alliant fermeté juridique et modération dans l’exécution. Elle renforce l’image d’un État soucieux de protéger la société et de préserver la stabilité intérieure, sans ignorer les défis sociaux et politiques. Elle rappelle aussi que les véritables transformations passent par les urnes, et non par des manifestations aux motivations floues.
Le dernier Conseil des ministres est d’ailleurs venu répondre aux préoccupations de la rue, indépendamment de l’origine des appels à la contestation, souvent relayés depuis des plateformes étrangères. Le gouvernement a ainsi ouvert largement la voie à la jeunesse pour s’engager dans l’action politique — seul véritable moyen de combattre la corruption, thème central des récentes protestations.
Cependant, l’association des droits de l’homme a ignoré ces éléments et préféré parler de « violations des droits humains ». Certes, des dérapages isolés peuvent se produire, et ceux-ci doivent être documentés et traités. Mais les citoyens ont pu constater la retenue générale des forces de l’ordre, avec des interpellations limitées, souvent suivies de libérations.
Reste une question : quelle est la position de l’association face aux événements de Qliaa ? Est-ce un « droit » que d’incendier un poste de la gendarmerie, des véhicules de service ou des voitures particulières ? Quelle réponse faut-il apporter à de tels actes de vandalisme ?
L’absence d’équilibre dans l’analyse révèle un parti pris évident et un manque d’objectivité dans l’approche de l’association.










