La coordination syndicale des journalistes, les éditeurs de journaux, les professionnels des médias et de la presse et des organisations de la société civile marocaine a, unanimement, adopté la déclaration suivante en rapport avec le projet de loi réorganisant le Conseil national de la presse:
« Les syndicats des journalistes, les instances des éditeurs de journaux et les professionnels des médias et de la presse, ainsi que les organisations de défense des droits humains ont décidé d’un programme de protestation national contre le projet de loi sur la réorganisation du Conseil national de la presse.
Cette décision a été prise dans le prolongement de la volonté commune des syndicats, des instances professionnelles du secteur de la presse, des éditeurs de journaux et des organisations de défense des droits humains, dans la continuité des discussions démocratiques initiées par ces organisations et les diverses instances des droits humains, des potentialités civiles, académiques et politiques, et ce suite à l’approbation par le gouvernement du projet de loi sur la réorganisation du Conseil national de la presse et sa transmission à la Chambre des représentants, de manière unilatérale et sans recours à la méthodologie d’une réelle concertation.
Les signataires de la présente déclaration réaffirment leur position commune de refus de ce projet après son approbation en un temps record par la Chambre des représentants. Ce qui constitue une violation flagrante de l’institution de l’autorégulation et de sa philosophie telle que stipulée dans la Constitution et les lois. Ce projet fait de la réorganisation du CNP un point d’entrée à une exclusion sur mesure, dictée par des considérations politiques, économiques et des intérêts étroits, avec le mépris total des organisations syndicales et professionnelles et une logique d’emprise sans précédent.
Les membres des composantes de cette coordination ont pris connaissance, lors de réunions, de conférences et de journées d’étude, du contenu dangereux du projet de loi, de ses répercussions politiques, sociales, organisationnelles et professionnelles, et de ses conséquences imprévisibles sur le secteur de la presse et de l’édition. Ils ont convenu à l’unanimité qu’il s’écarte de l’approche constitutionnelle et des droits humains régissant le secteur de la presse, dont l’essence est d’organiser le secteur de manière indépendante et sur des bases démocratiques, conformément à la volonté et aux aspirations de la grande majorité du corps médiatique. C’est pourquoi les organisations signataires expriment ce qui suit :
Le lancement de la préparation d’un programme de protestation aux niveaux national, central, régional et provincial, à travers des rassemblements, des marches et des sit-in pour défendre la légalité et le droit. Les dates et lieux de ces actions seront annoncés prochainement lors d’une conférence de presse.
Leur forte appréciation de la position de la société civile, des professionnels et des académiciens qui rejettent cette loi régressive, et leur volonté de renforcer les mécanismes de contact, de communication et de consultation entre toutes les composantes professionnelles concernées, y compris la presse régionale et les représentations des organisations professionnelles dans les provinces.
L’élaboration d’un programme de communication avec les groupes, les groupements et les commissions parlementaires des deux chambres du Parlement, les partis politiques, les centrales syndicales, les organisations de défense des droits humains, les barreaux d’avocats, ainsi que les organisations professionnelles et les potentialités académiques et de poursuite des démarches auprès des institutions de gouvernance auxquelles la loi a été soumise pour avis.
L’encouragement de toute initiative prise par l’une des composantes de la coordination, de manière unilatérale, bilatérale ou autre, s’inscrivant dans le cadre de la dynamique en cours, en cohérence avec les positions fermes sur le projet, avec le soutien et la mobilisation pour assurer le succès de cette dynamique.
La poursuite d’une coordination régulière et responsable entre toutes ces composantes et l’appel à toutes les instances et organisations professionnelles et de défense des droits humains à s’engager massivement dans cette dynamique pour faire face au projet de loi de réorganisation du Conseil national de la presse et à la politique d’usurpation des droits et acquis des femmes et des hommes des médias, et pour mettre fin à toutes les formes de tutelle, d’hégémonie et de mainmise sur le secteur ».
Les signataires :
— Syndicat National de la Presse Marocaine — Fédération Marocaine des Éditeurs de Journaux — Fédération Nationale de la Presse, des médias et de la Communication (Union Marocaine du Travail) — Syndicat National des Médias et de la Presse (Confédération Démocratique du Travail) — Organisation pour les Libertés d’Information et d’Expression «HATIMe — Club de la Presse du Maroc — Forum des Journalistes Honoraires du Maroc — Confédération Marocaine des Éditeurs de Journaux et des Médias Numériques — Syndicat National de la Presse et des Métiers des Médias – (UMT) — Association Marocaine des Jeunes Journalistes — Syndicat National des Professionnels de la Société Nationale de Radiodiffusion et de Télévision (S.N.R.T) — Syndicat National des Employés de la Société Nationale SOREAD – 2M (U.M.T) — Association Marocaine de la Presse — Observatoire Régional des Médias et de la Communication de la Région de Fès-Meknès — Club de la Presse de Laâyoune — Observatoire du Sahara pour la Diplomatie, les Médias, la Paix et le Développement — Centre International Al Badil de la Presse et des Médias — Coalition Marocaine des Organisations de Défense des Droits de l’Homme — Ligue Marocaine de Défense des Droits de l’Homme — Association Marocaine des Droits de l’Homme — Forum Marocain pour la Vérité et l’Équité — Observatoire Marocain des Libertés Publiques — Association Marocaine de Lutte contre la Corruption – (Transparency) – L’Instance Marocaine des Droits de l’Homme — Forum de la Citoyenneté — Association Adala pour un Procès Équitable — Médiateur pour la Démocratie et les Droits de l’Homme – Mouvement « DAMIR » — Observatoire Marocain des Prisons — Observatoire de la Justice au Maroc — Syndicat des Avocats du Maroc — Association Médicale de Réhabilitation des Victimes de Violence et de Mauvais Traitement — Association Marocaine de Défense de l’Indépendance de la Justice — Réseau Marocain de Protection des Fonds Publics — Forum Marocain pour la Démocratie et les Droits de l’Homme.










