Un rapport récent publié par l’Observatoire des camps de réfugiés, fondé par la députée européenne Rima Hassan, met en lumière la situation difficile que vivent des milliers de réfugiés sahraouis dans les camps de Tindouf, au sud de l’Algérie.
Le document pointe du doigt le désengagement des autorités algériennes de leurs responsabilités légales et humanitaires, déléguant entièrement la gestion des camps au Front Polisario.
Le rapport, qui suit la situation des camps depuis leur création au milieu des années 1970, décrit la vie des populations sous des conditions désertiques extrêmes, avec des étés dépassant 50 degrés et des inondations violentes en hiver.
Le transfert total des compétences algériennes a créé un « vide juridique » privant les réfugiés de toute protection judiciaire, en contradiction avec les conventions internationales sur les droits des réfugiés.
Sur le plan matériel, le document souligne que les habitants des camps dépendent presque exclusivement de l’aide humanitaire internationale fournie par le Programme alimentaire mondial (PAM) et le Haut Commissariat aux réfugiés (HCR), souvent redistribuée par le Polisario.
Malgré cette assistance, la malnutrition et l’anémie restent préoccupantes, tandis que les infrastructures sanitaires et éducatives demeurent précaires.
Le rapport alerte également sur les risques environnementaux et sanitaires liés à l’absence de réseaux d’eau et d’assainissement, à la gestion rudimentaire des déchets, et à la fragilité des habitations face aux conditions climatiques extrêmes.
Du point de vue des droits humains, des cas de détentions arbitraires et de procès de civils devant des tribunaux militaires ont été relevés, ainsi que des témoignages de mauvais traitements et de restrictions à la liberté d’expression. Des allégations d’exploitation et de travaux forcés persistent également au sein des camps.
Enfin, l’Observatoire insiste sur la responsabilité de l’Algérie en tant qu’État hôte, soulignant que son désengagement a laissé des milliers de réfugiés dans des conditions « inhumaines » depuis près d’un demi-siècle.










