Entre les slogans du gouvernement et la réalité, il existe un fossé de plusieurs années-lumière. Les ministres du cabinet d’Aziz Akhannouch ne cessent de parler de réalisations inédites, affirmant que certaines initiatives voient le jour pour la première fois au Maroc, comme si le pays était né en 2021. Mais sur le terrain, rien ne montre que l’exécutif s’emploie réellement à concrétiser le programme promis lors de son investiture. Quant aux promesses électorales « astronomiques » du parti majoritaire, elles sont désormais diluées dans la logique du trio gouvernemental.
Parmi les slogans mis en avant figure le projet des « Écoles Al-Riyada », qui suscite aujourd’hui de larges répercussions, qu’il s’agisse du manque de logistique nécessaire ou de l’absence de ressources humaines capables de mettre en œuvre ce projet dont la conception pédagogique reste floue.
Le malaise ne se limite plus aux élèves concernés et à leurs familles, ni aux enseignants peinant à percevoir les maigres indemnités qui leur sont attribuées. Le dossier a franchi les murs du Parlement, où des députés ont interpellé le ministre de l’Éducation nationale par le biais d’une question écrite pour dénoncer les dysfonctionnements liés à ces écoles.
Cette question parlementaire a révélé l’existence de lacunes à la fois pratiques et institutionnelles, menaçant le succès d’un projet que le gouvernement présente comme un levier de « transformation qualitative de l’école publique ».
Malgré les grands slogans autour de la qualité, de la numérisation et du soutien intensif, le projet accuse d’importants retards dans sa mise en œuvre concrète au sein de nombreuses écoles. Une situation qui nourrit l’inquiétude croissante des cadres pédagogiques et administratifs.
Près d’un mois après la rentrée scolaire, de nombreuses classes « Al-Riyada » ne disposent toujours pas des outils techniques et ressources pédagogiques de base, tels que les ordinateurs portables, scanners ou cahiers destinés aux périodes de soutien intensif.
Ce retard dans la fourniture des moyens, au moment prévu dans le calendrier scolaire, a eu un impact direct sur la mise en œuvre du programme de soutien, compromettant ainsi l’interaction pédagogique avec les contenus numériques prévus. Tout laisse penser que le ministère de tutelle n’accorde que peu d’importance au « temps scolaire », pourtant fondamental dans l’apprentissage.
Il reste incompréhensible que les « Écoles Al-Riyada » ne soient toujours pas équipées, alors même que les marchés publics concernés pourraient être réalisés rapidement. Pire encore, le ministère accuse du retard jusque dans l’annonce de ces marchés, sans explication claire.
À cela s’ajoute l’absence de ressources humaines qualifiées pour déployer ce projet dépourvu de clarté pédagogique. Contrairement à son appellation, il encourage davantage la dépendance des élèves que leur créativité et leur esprit d’effort.
Le ministère a certes pris soin d’apposer le logo « Écoles Al-Riyada » sur les portails des établissements sélectionnés, mais la rapidité s’est arrêtée là : pour le reste, le projet est resté lettre morte.










