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Le Maroc mise sur de nouveaux projets hydrauliques : la capacité de stockage des barrages devrait dépasser 24 milliards de mètres cubes en 2027

Le Maroc poursuit ses investissements dans les infrastructures hydrauliques afin de renforcer ses réserves en eau et de faire face aux défis liés à la sécheresse et au stress hydrique. Selon la note de présentation du projet de loi de finances 2027, la capacité globale de stockage des barrages du Royaume devrait dépasser 24 milliards de mètres cubes à l’horizon de fin 2027.

 

Cette ambition repose sur plusieurs axes, notamment la construction de nouveaux barrages, l’extension des infrastructures existantes, la mobilisation des eaux souterraines et le développement de projets de transfert d’eau entre les bassins hydrauliques.

 

Depuis 2020, huit grands barrages ont été achevés au Maroc. Il s’agit des barrages de Kaddoussa, Tiddas, Todgha, Agdez, Fask, Koudiat El Berna, M’daz et Ghiss. Ces infrastructures ont permis d’augmenter la capacité nationale de stockage de 1,89 milliard de mètres cubes, renforçant ainsi les moyens de mobilisation des ressources hydriques.

 

Parallèlement, le Royaume a entamé le remplissage anticipé de cinq autres grands barrages, à savoir Sakia El Hamra à Laâyoune, Aït Ziat dans la province d’Al Haouz, Sidi Abou à Taounate, Beni Azimane à Driouch et Tamri dans la région d’Agadir. Leur capacité de stockage cumulée atteint 746 millions de mètres cubes. Au total, les huit barrages achevés et les cinq ouvrages concernés par le démarrage du remplissage représentent une capacité d’environ 2,64 milliards de mètres cubes.

 

Le programme hydraulique national se poursuit également à travers la réalisation de 14 grands barrages, tandis que les travaux de six barrages de taille moyenne ont été lancés. Pour 2027, les autorités prévoient par ailleurs le lancement d’un nouveau grand barrage ainsi que le rehaussement d’un ouvrage existant, afin d’accroître les capacités de stockage du pays.

 

Les petits barrages et les barrages collinaires occupent également une place importante dans cette stratégie. Le programme couvrant la période 2022-2027 prévoit la réalisation de 155 ouvrages. Parmi eux, 24 ont déjà été achevés et 32 sont actuellement en cours de construction. Sept autres projets sont réalisés directement dans le cadre d’un partenariat avec le ministère de l’Intérieur, tandis que les travaux d’environ 30 barrages supplémentaires devraient démarrer avant la fin de 2026.

 

En complément de ces infrastructures, le Maroc renforce ses efforts d’exploration des ressources en eaux souterraines. Quelque 5 059 forages exploratoires ont ainsi été réalisés entre 2020 et 2025, dans le but de mieux identifier les réserves disponibles et de diversifier les sources d’approvisionnement en eau.

 

Le transfert d’eau entre les bassins constitue un autre levier stratégique. Un projet reliant les barrages Oued El Makhazine et Dar Khrofa prévoit un débit de transfert de 3,2 mètres cubes par seconde, afin de contribuer à la sécurisation de l’alimentation en eau potable de la ville de Tanger.

 

Le projet d’autoroute de l’eau, qui permet le transfert des ressources du bassin du Sebou vers celui du Bouregreg avec un débit pouvant atteindre 15 mètres cubes par seconde, vise pour sa part à renforcer l’approvisionnement en eau de l’axe Rabat-Casablanca et à améliorer la répartition des ressources hydriques entre les bassins.

 

Les mesures prévues comprennent également la mise en place d’un système de surveillance en temps réel de la qualité de l’eau au niveau de l’oued Sebou et des barrages Idriss Ier, Al Wahda et Sidi Mohammed Ben Abdellah. Le programme prévoit en outre une révision des règles encadrant l’affectation et la distribution des eaux des barrages, dans le but d’améliorer la gestion des ressources disponibles.

 

À travers ces différents projets, le Maroc entend consolider sa sécurité hydrique en combinant l’augmentation des capacités de stockage, l’exploitation des eaux souterraines, le transfert entre bassins et l’amélioration de la gouvernance de l’eau.

 

Toutefois, l’atteinte des objectifs fixés dépendra également de l’évolution des précipitations, de la maîtrise de la demande et de l’utilisation rationnelle des ressources. Dans un contexte marqué par les effets du changement climatique, la préservation de l’eau demeure ainsi un enjeu majeur pour le développement économique et social du Royaume.

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