L’enquête sur la mort du migrant marocain Abderrahim Fqir est entrée dans une nouvelle phase après que les autorités italiennes ont procédé, ce vendredi matin, à l’autopsie de sa dépouille. Cette étape devrait permettre d’établir de manière scientifique les causes exactes de son décès, une affaire qui suscite une vive émotion et un large débat en Italie comme à l’étranger.
Les premiers éléments issus du scanner (CT) réalisé jeudi privilégient l’hypothèse d’une asphyxie provoquée par une forte compression de la cage thoracique. Selon ces constatations préliminaires, la victime serait restée allongée sur le ventre pendant plusieurs minutes lors de son interpellation, ce qui aurait entraîné des lésions des voies respiratoires ainsi qu’une hémorragie pulmonaire.
Gabriele Bordoni, avocat des policiers concernés par l’affaire, a déclaré que les conclusions de l’autopsie constitueront la principale référence pour déterminer les causes réelles du décès. Il a précisé que les résultats préliminaires sont toujours en cours d’analyse par les experts médicaux, dans l’attente du rapport définitif.
Parallèlement à l’enquête, l’affaire continue de retenir l’attention de l’opinion publique italienne, notamment après la diffusion par la chaîne La7 de vidéos montrant les instants ayant suivi l’interpellation de la victime. Certaines images montrent les secours tentant de la réanimer alors qu’elle était encore menottée et entravée aux jambes, une situation qui a suscité de nombreuses critiques et interrogations sur les conditions de son interpellation.
De leur côté, plusieurs médias italiens rapportent qu’un policier a activé sa caméra-piéton dès le début de l’intervention et remis l’intégralité des enregistrements au parquet, qui examine actuellement l’ensemble des preuves disponibles. Les vidéos montrent également le comportement de la victime avant son arrestation, où elle semblait en état de détresse psychologique, tandis que la police affirme avoir eu recours aux menottes après une tentative présumée d’agression contre deux personnes.
Sur le plan diplomatique, les autorités marocaines poursuivent le suivi de cette affaire. Sur instructions du ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, la consule générale du Royaume du Maroc à Bologne, Khadija Ndour, s’est rendue auprès de la famille du défunt pour lui présenter ses condoléances, tout en réaffirmant la mobilisation des autorités marocaines afin d’assurer l’accompagnement administratif et consulaire nécessaire jusqu’à l’aboutissement de l’enquête.








