La ville de Fès est secouée par une affaire qui suscite une vive émotion, après l’ouverture d’une enquête judiciaire autour de soupçons d’exploitation de mineurs et d’enfants en situation de vulnérabilité au sein du complexe de protection Al Wafae.
Selon le site « Koud », douze personnes ont été placées en garde à vue, tandis que six autres doivent comparaître en état de liberté devant le parquet. Ces mesures interviennent dans le cadre d’une enquête portant notamment sur des soupçons de traite des êtres humains, d’abus de pouvoir et d’exploitation de mineurs et d’enfants privés de soutien familial.
L’enquête a été ouverte sur instruction du procureur général du Roi près la Cour d’appel de Fès. La brigade régionale de la police judiciaire a ainsi été chargée de mener des investigations approfondies et d’entendre les différentes personnes susceptibles d’être liées à cette affaire.
Les investigations auraient duré plus de cinq mois, durant lesquels les enquêteurs ont procédé à la vérification des témoignages et des allégations, ainsi qu’à la collecte des éléments susceptibles d’éclairer les circonstances des faits dénoncés.
Parmi les personnes placées en garde à vue figurent, selon la même source, d’anciens responsables administratifs et pédagogiques de l’établissement, ainsi que l’actuel président de l’association qui en assure la gestion. Des agents de sécurité privée, des éducatrices et des encadrantes directement en contact avec les pensionnaires figurent également parmi les personnes entendues.
Six autres personnes font, pour leur part, l’objet d’un suivi en état de liberté. Il s’agit notamment d’un fonctionnaire du secteur de la coopération nationale, d’anciennes responsables associatives, d’une assistante sociale, d’une encadrante et de la propriétaire d’un atelier de couture.
Cette affaire aurait commencé à prendre de l’ampleur après la diffusion sur YouTube d’une vidéo contenant les témoignages d’anciens et d’actuels pensionnaires du complexe. Certains d’entre eux y auraient décrit des conditions de vie difficiles, évoquant notamment le manque d’hygiène et des situations de marginalisation.
Les témoignages comporteraient également de graves accusations à caractère sexuel visant l’un des anciens responsables de l’établissement, ainsi que des menaces qui auraient été utilisées à l’encontre de certains pensionnaires. Ces déclarations font actuellement l’objet de vérifications dans le cadre de l’enquête judiciaire.
Les investigations portent particulièrement sur les conditions de prise en charge et de protection des enfants accueillis au sein du complexe, notamment ceux qui ne disposent pas de soutien familial et dont la vulnérabilité sociale pourrait les exposer davantage à différentes formes d’exploitation.
Les personnes concernées par la procédure devront répondre aux questions de la justice, qui déterminera les suites légales à donner à cette affaire à la lumière des résultats de l’enquête et des éléments recueillis.
À ce stade, les accusations et les faits rapportés restent soumis à l’appréciation de la justice et ne pourront être considérés comme établis qu’à l’issue des procédures judiciaires et, le cas échéant, de décisions définitives.








