Nous avons le droit de considérer les conclusions du dernier Conseil des ministres comme les réponses véritables et réalistes aux revendications des jeunes.
Il ne faut pas distinguer entre les revendications des jeunes et celles des autres catégories, sauf si l’on prend en compte la capacité particulière de cette tranche d’âge à se mobiliser, grâce à sa liberté sociale relative. Et bien que d’autres générations aient participé aux mouvements initiés par la jeunesse, celle-ci demeure la première concernée par les transformations. Comme il nous y a habitués, Sa Majesté le Roi Mohammed VI sait toujours prêter une oreille attentive à cette catégorie.
Tout le monde se souvient qu’au moment où les jeunes sont sortis le 20 février, personne ne les a réellement écoutés ; chacun voulait les instrumentaliser et profiter de leur mouvement. La réponse royale fut rapide et révolutionnaire à travers la Constitution de 2011, qui a ravivé dans l’esprit des Marocains la « Révolution du Roi et du Peuple ». Aujourd’hui, nous pouvons parler d’une nouvelle révolution, dirigée par le Roi et portée par le peuple à travers sa jeunesse.
Les revendications des jeunes se résument en trois points : la santé, l’éducation et la lutte contre la corruption.
Le Conseil des ministres a approuvé un budget considérable pour l’éducation et la santé, ainsi qu’un projet politique inédit visant à assainir le Parlement et les conseils élus de toute présence douteuse. Il a également ouvert la voie aux jeunes pour accéder à ces institutions, véritables symboles de la lutte contre la corruption.
Le budget alloué aux ministères de l’Éducation et de la Santé s’accompagne d’une décision majeure prévoyant 27 000 nouveaux postes, un chiffre extrêmement important. L’opération comprend aussi la construction et la finalisation d’hôpitaux universitaires, la rénovation d’unités de santé et l’élargissement de l’investissement public, afin de corriger les déséquilibres dont souffre notre pays. Mais tout cela ne peut se concrétiser sans l’implication de la jeunesse dans la vie politique.
Certains s’attendaient à ce que la réponse destinée à la jeunesse soit donnée lors du discours royal devant le Parlement. Pourtant, la réponse est d’ordre politique et non technique ; elle se manifeste à travers la réponse globale aux revendications portées par les jeunes, comme ce fut le cas le 20 février. La manière royale d’écouter la voix de la jeunesse est unique au monde, et s’accompagne toujours de décisions audacieuses.
Sa Majesté le Roi ne dépassera jamais les prérogatives que lui confère la Constitution, et c’est précisément ce qu’il a fait. Mais la jeunesse, elle aussi, ne doit pas se contenter de réclamer et d’attendre des miracles du ciel. Elle doit s’engager dans l’action politique. Parmi les idées fausses véhiculées lors de certaines manifestations, il y avait la prétention d’être « loin de la politique », alors qu’en réalité, ces jeunes en faisaient déjà pleinement partie.
Aujourd’hui, nous assistons à un tournant majeur de la part de l’État, qui a innové en créant un nouveau mécanisme d’intégration des jeunes dans la vie politique, notamment en encourageant les candidatures de moins de 35 ans par des incitations financières, afin de lever les obstacles devant eux.
Les jeunes ne peuvent blâmer personne s’ils laissent le champ libre aux « anciens » de la politique, car la démocratie et son exercice exigent que tout passe par les élections, et par elles seules. Le Maroc a parcouru un long chemin en matière de pratique démocratique et de gestion via les conseils élus. L’une des formes les plus nobles de la lutte contre la corruption réside dans l’engagement politique de la jeunesse.










