La Fédération marocaine des éditeurs de journaux (FMEJ) a appelé le gouvernement à revoir en profondeur l’architecture de la loi relative à la réorganisation du Conseil national de la presse (CNP), estimant qu’un simple ajustement technique ne répondrait pas aux enjeux soulevés par la décision récente de la Cour constitutionnelle.
Réuni le 30 janvier 2026, le bureau exécutif de la FMEJ a consacré ses travaux à l’examen de la situation des entreprises de presse et de leur environnement général, ainsi qu’aux évolutions juridiques touchant le secteur, notamment à la suite de la décision de la Cour constitutionnelle ayant refusé de valider la loi sur le CNP et décidé de la renvoyer dans le circuit législatif.
Dans un communiqué rendu public à l’issue de cette réunion, la Fédération a souligné que la décision de la Cour constitutionnelle constitue un rejet clair du projet gouvernemental en l’état, sans pour autant trancher des conflits personnels ou corporatistes. Pour la FMEJ, cette décision représente avant tout une opportunité de rétablir la logique d’une réforme véritable et conforme à la Constitution.
La Fédération rappelle que la Cour, en examinant certaines dispositions de la loi, notamment l’article 49, a pris en considération leurs impacts juridiques et pratiques à la lumière des principes constitutionnels, en particulier ceux liés au pluralisme. Selon la FMEJ, la justice constitutionnelle a ainsi rejeté toute logique de législation « sur mesure » visant à instaurer un monopole de représentation des éditeurs au sein de l’instance d’autorégulation, appelant de fait à une révision globale des critères de représentativité.
Sur cette base, la FMEJ estime que le gouvernement est désormais tenu d’engager une révision complète de la loi et d’ouvrir un dialogue sérieux, rationnel et productif avec les acteurs du secteur, une revendication que la Fédération porte depuis plus de trois ans.
La FMEJ a, par ailleurs, salué le rôle des composantes de l’opposition à la Chambre des représentants, dont l’initiative unitaire a permis, selon elle, d’atteindre cette étape. Elle a également exprimé sa satisfaction quant à la coordination entre les organisations professionnelles de journalistes et d’éditeurs, ainsi qu’au soutien apporté par les associations de défense des droits humains, la société civile, les forces démocratiques et les centrales syndicales.
La Fédération a réaffirmé son attachement à l’unité du corps professionnel et appelé les éditeurs à renforcer le dialogue et la coopération afin de construire un avenir meilleur pour la presse nationale. Elle a toutefois dénoncé ce qu’elle qualifie de tentatives de récupération ou de déformation du débat par certaines parties qui soutenaient auparavant la loi contestée.
Abordant les difficultés actuelles du secteur, la FMEJ a estimé que les blocages observés, notamment en matière de renouvellement des cartes professionnelles et de gestion de l’aide publique, sont la conséquence de choix gouvernementaux et de dysfonctionnements au sein de la commission provisoire chargée du CNP. Elle a également critiqué les modalités d’octroi des subventions publiques, qu’elle juge discriminatoires et défavorables aux entreprises de presse régionales et aux petites structures.
La situation des employés du CNP a également été évoquée. La Fédération a dénoncé l’exploitation de leurs difficultés sociales et professionnelles, rappelant avoir appelé à plusieurs reprises à des solutions justes, tout en demandant au Chef du gouvernement d’ordonner le versement des salaires suspendus et au ministre de tutelle de prendre les mesures nécessaires pour mettre fin à ces abus.
Enfin, la FMEJ a souligné que l’avenir de l’autorégulation dans le secteur de la presse nécessite désormais un dialogue profond et sincère. Elle considère que la décision de la Cour constitutionnelle constitue une occasion déterminante pour repenser collectivement ce chantier, dans l’intérêt du pays.
En marge de ce dossier, la Fédération a appelé les autorités concernées à tirer les enseignements des dysfonctionnements relevés dans la couverture médiatique des récentes compétitions de la Coupe d’Afrique des nations organisées au Maroc, plaidant pour une relation plus équilibrée et respectueuse avec la presse sportive lors des prochaines échéances continentales et internationales.
La réunion du bureau exécutif s’est achevée par l’examen de plusieurs points organisationnels internes et du programme de travail de la Fédération, donnant lieu aux décisions jugées nécessaires.










