Quelle est la signification de l’implication des partis politiques dans l’élaboration de la vision du Maroc concernant le processus détaillé de l’autonomie proposée par le Royaume pour résoudre la question du Sahara marocain, un conflit artificiel vieux de plus de cinq décennies ? Quel en est l’objectif ? Quelle portée politique revêt cet acte ?
La réunion des conseillers de Sa Majesté le Roi Mohammed VI avec les chefs des partis politiques n’est pas une démarche formelle, mais bien substantielle. En effet, les partis politiques représentent diverses composantes de la société et incarnent, par leur nature même, une forme de représentation citoyenne — non pas seulement à travers les élections, mais aussi par leur rôle d’encadrement populaire.
Il ne s’agit pas ici de juger l’efficacité des partis politiques, car leur poids réel dans la société s’exprime à travers les urnes. Cependant, dans ce contexte, ils incarnent une représentation symbolique des citoyens. Les organisations politiques et celles de la société civile accueillent et traduisent les expressions populaires.
Ainsi, l’institution monarchique — et en particulier Sa Majesté le Roi, en tant que Chef de l’État et garant constitutionnel de sa représentation — adopte une approche participative dans la gestion des grandes questions nationales. Au premier rang de ces questions figure celle du Sahara marocain, qui concerne tous les Marocains et autour de laquelle règne un consensus national. Toutefois, les partis peuvent apporter leurs visions et propositions sur la gestion du projet d’autonomie, renforçant ainsi la position et la vision du Maroc.
La participation des partis politiques à l’élaboration du projet marocain d’autonomie constitue à la fois un renforcement de la capacité de proposition du Royaume et une affirmation de l’unité du peuple marocain autour de la question du Sahara. Les Marocains peuvent diverger sur bien des sujets, mais rien ne les divise sur cette cause nationale.
Cette réunion s’inscrit dans la volonté constante de Sa Majesté le Roi d’instaurer une approche participative et consultative large, chaque fois qu’il s’agit des grandes affaires de la Nation. À cet égard, les conseillers du Souverain ont exprimé aux responsables des partis politiques la volonté royale de les consulter sur ce dossier crucial qui concerne tous les Marocains, en les invitant à soumettre les propositions et les visions de leurs formations sur la mise à jour et le développement de l’initiative d’autonomie.
Lors de la préparation de la Constitution de 2011, tous les partis politiques — grands et petits, représentés ou non au Parlement — avaient été consultés. Chacun avait soumis ses mémorandums et propositions, dont plusieurs ont été intégrées dans le texte constitutionnel avant sa présentation au référendum national. Ainsi, la commission chargée de la rédaction n’avait pas travaillé de manière isolée, mais dans un esprit participatif.
La question du Sahara marocain figure parmi les grandes causes nationales, et les partis y ont toujours joué un rôle déterminant, depuis la Marche Verte jusqu’à la défense de la position du Maroc dans les forums internationaux. Feus Mohamed Boucetta, Abderrahim Bouabid, Ali Yata et Mohamed Bensaïd Aït Idder, entre autres, ont parcouru le monde pour convaincre leurs homologues de la légitimité du Maroc sur ses territoires récupérés.
Les partis politiques jouent donc un rôle essentiel dans les grandes questions nationales. Certes, on peut émettre des critiques sur leur performance, mais cela ne remet pas en cause leur existence ni leur importance. Leur implication dans la formulation de propositions autour de l’autonomie reflète, en réalité, la diversité des opinions et la richesse des voix d’une large partie du peuple marocain.










