L’Aïd approche à grands pas, et il ne reste plus que quelques jours avant que les jeûneurs puissent célébrer cette fête tant attendue. Tous les Marocains, petits et grands, se préparent à accueillir cet événement après un mois de jeûne. Mais ils ne sont pas les seuls ! Les « chennaka » (courtiers) aussi se préparent activement pour l’Aïd. Comment ?
Ces courtiers sont prêts à vider ce qu’il reste des poches déjà percées des Marocains. Entre les festivités de la Nuit du 27 et l’Aïd el-Fitr, ils voient une opportunité en or. Le prix du kilogramme de noix (karkaa) dépasse désormais les 160 dirhams.
Il y a aussi les « chennaka » spécialisés dans les vêtements pour enfants, un élément incontournable pour parfaire la joie des plus jeunes à l’Aïd. Les prix flambent sous prétexte qu’il s’agit de produits importés, notamment de Turquie, alors que l’industrie locale, si elle existe encore, peine à offrir une qualité acceptable.
Les courtiers des transports ne sont pas en reste. L’Aïd est synonyme de retrouvailles familiales, même pour ceux qui habitent loin. Cela signifie prendre le bus, mais à quel prix ? Les tarifs connaissent une hausse injustifiée. Pourquoi ?
Les prix ne sont-ils pas réglementés par les autorités compétentes ? En théorie, oui. Mais les professionnels du transport invoquent l’absence de subventions exceptionnelles depuis mai dernier pour justifier ces augmentations. Pourtant, même lorsque le gouvernement avait accordé des aides au secteur, cela n’avait jamais entraîné une baisse des tarifs pour les voyageurs.
Les gares routières et les transporteurs restent donc un terrain fertile pour l’extorsion et l’exploitation des passagers, notamment ceux qui ne peuvent pas compter sur le train pour leurs déplacements.
Certains justifient cette flambée des prix par une forte demande et une surcharge des véhicules, mais cet argument ne tient pas. Les prix sont encadrés et nul n’a le droit d’y toucher. Il n’y a pas de place pour l’anarchie.
En réalité, ces augmentations de tarifs découlent principalement d’un manque de contrôle et de supervision par les autorités responsables.
La flambée des prix à chaque fête religieuse devient un cauchemar pour les citoyens, en particulier pour les plus démunis, que personne ne prend en considération et qui restent sans défense face à la voracité des courtiers, spéculateurs et autres « chennaka ». Ils augmentent les prix sans scrupule parce qu’ils savent que le terrain est libre et que les comités de contrôle sont aux abonnés absents.
Et le gouvernement, où est-il ? Il a levé les bras en signe d’impuissance, incapable de protéger les Marocains contre l’exploitation et l’avidité des « chennaka ».