Maintenant que les éliminatoires de la Coupe d’Afrique des Nations sont terminées, et alors que certains cherchent à les transformer en échec afin de masquer les succès réalisés par le Maroc en matière d’organisation et de sécurité, il convient de rappeler qu’un succès n’exclut nullement l’exercice d’une critique sérieuse pour identifier les failles, dans l’objectif de parfaire l’édifice et d’améliorer le travail accompli.
Il ne fait aucun doute que les médias internationaux, présents pour couvrir les éliminatoires, ont salué la réalisation marocaine à tous les niveaux : de la préparation des infrastructures aux conditions d’accueil, en passant par la sécurisation des événements continentaux, que le monde entier a reconnue comme étant au niveau requis, témoignage appuyé par de hauts responsables sécuritaires venus des États-Unis, de Grande-Bretagne et de France.
Cependant, il est indispensable de mettre les points sur les « i » : un accueil de haut niveau, un traitement d’excellence, une gestion maîtrisée de la crise que l’équipe sénégalaise a tenté de provoquer, une hospitalité raffinée et une sécurité sans équivalent. Autant d’éléments qui traduisent des résultats éclatants. Mais il faut admettre, dès aujourd’hui et sans attendre demain, que nous n’avons pas été à la hauteur de l’événement sur le plan du marketing.
En effet, l’image belle et positive perçue par le monde n’a pas été portée par un média marocain replié sur lui-même, incapable de répondre à ceux qui ont voulu ternir l’image du Maroc à travers un média hostile, proche d’une logique de guerre médiatique. D’importantes sommes d’argent douteux, issues des revenus du pétrole et du gaz, ont été mobilisées pour nuire au Maroc, et de grands moyens ont été déployés par des acteurs sans scrupules pour faire échouer cette manifestation. Après leur échec, ils ont tenté de fabriquer une image de fiasco afin de satisfaire leurs commanditaires.
Nous disposons d’un audiovisuel public qui consomme des milliards de dirhams et bénéficie de budgets considérables, tout en concurrençant le secteur privé sur le marché publicitaire. Pourtant, il n’a pas réussi à s’imposer sur la scène médiatique internationale pour promouvoir la belle image du Maroc. Nous savons pertinemment qu’il existe des compétences et de grandes figures au sein de l’audiovisuel public, mais la faille réside dans l’absence d’une véritable politique publique de développement, comme en témoigne le fait que de nombreux journalistes marocains qui s’expatrient réussissent brillamment à l’étranger.
Nous avons également un média privé qui, durant trois années, s’est « battu » pour affirmer qu’il était le seul à éclairer le pays et à incarner le grand média, reléguant les autres à l’arrière-plan afin d’assumer à lui seul un rôle de souveraineté médiatique. Or, il est apparu clairement qu’il ne s’agissait là que d’un récit approximatif, car au Maroc il n’existe pas de critères clairs pour définir la grandeur médiatique. Comme le dit l’adage, c’est dans l’adversité que la preuve apparaît.
Aujourd’hui, nous avions besoin de ce prétendu « grand média » pour défendre le Maroc, mais sa présence s’est limitée à quelques écrits s’adressant à soi-même plutôt qu’à l’autre. Nous n’avons pas vu de grands sites électroniques capables d’affronter les adversaires avec des arguments solides, des preuves et une réelle capacité de persuasion.
Sur le terrain, ce sont les médias autrefois qualifiés de petits ou moyens qui ont été présents et ont démontré toute leur utilité. Loin de toute exagération des chiffres, il existe des outils permettant de connaître les audiences réelles, tout comme s’est révélée la nécessité du rôle des « youtubeurs », à condition que cela s’inscrive dans un cadre légal clairement défini.










