L’organisation des phases finales de la Coupe d’Afrique des Nations n’était ni un objectif en soi ni une fin en soi, mais une étape d’un long processus qui ne s’arrête pas aux frontières de cet exploit historique. Cela impose de passer à un deuxième niveau de travail, au lieu de continuer à ruminer le passé.
Surmonter la déception de ne pas avoir remporté la Coupe d’Afrique des Nations, attendue depuis cinquante ans, est extrêmement nécessaire. Mais plus important encore, il faut dépasser la phase d’euphorie qui a gagné l’ensemble des Marocains, une joie née non seulement des résultats obtenus par la sélection marocaine, mais aussi de la fierté d’avoir accueilli une compétition continentale de niveau mondial, qui a renforcé le sentiment de fierté nationale et mis en valeur les progrès et les réalisations du pays.
On ne peut s’arrêter à un instant sans passer au suivant, sous peine de tomber dans la stagnation. De nombreux chantiers nous attendent, au premier rang desquels la participation à la Coupe du monde 2026, puis l’organisation de la Coupe du monde 2030. Autant d’échéances qui exigent davantage d’attention à la préservation des acquis et à leur valorisation, plutôt que de les laisser se perdre ou se dégrader.
Avant l’organisation de la CAN, le Maroc a retroussé ses manches et réalisé, en un temps record, des dizaines d’infrastructures, dans lesquelles des milliards de dirhams ont été investis. Il est impératif de réfléchir à leur utilisation permanente, afin qu’elles ne deviennent pas une charge pour le budget public.
Ce discours peut paraître idéaliste, mais tout objectif réfléchi et mis en débat peut être atteint lorsque les bonnes volontés s’unissent pour élaborer des plans solides et les mettre en œuvre sur le terrain. Les exemples internationaux existent, et il est possible de s’inspirer des expériences étrangères en matière de rentabilisation des infrastructures sportives à travers des activités génératrices de revenus, afin qu’elles ne se transforment pas en simples fardeaux drainant les finances publiques, en attendant d’autres événements internationaux rares et espacés dans le temps.
Après la réflexion sur les infrastructures et leur devenir entre deux grandes compétitions, il convient également de s’interroger sur le projet footballistique. Celui-ci a largement bénéficié des académies, notamment l’Académie Mohammed VI de football. Toutefois, un dysfonctionnement persiste et refait régulièrement surface. Si, par exemple, le match entre la sélection marocaine et son homologue sénégalaise avait été plié dès le départ, on n’en serait peut-être pas arrivé aux tensions qui ont ensuite nécessité des arrangements d’une grande précision, afin d’éviter tout ce qui aurait pu ternir un mois entier de succès.
Le Maroc dispose de joueurs de tout premier plan au niveau mondial, de compétences reconnues dans le domaine du football et d’un palmarès inscrit dans l’histoire du football international. Pourtant, la question de la sélection nationale, de sa composition et de ses choix tactiques demeure posée.
Enfin, il convient de réfléchir à la manière de capitaliser sur ces acquis pour promouvoir une image positive du Maroc, une image qui n’occulte pas la nécessité de prendre soin du front intérieur et d’avancer au même rythme sur tous les plans. Si le Maroc est en avance en matière de football, d’organisation et de sécurité, cela ne le dispense nullement de progresser dans les autres domaines.










