Le tribunal de première instance de Salé a tranché, en fin de semaine dernière, dans une affaire qui a fortement secoué les milieux judiciaires locaux. Il a condamné à des peines de prison ferme les membres d’un réseau spécialisé dans le courtage illégal au sein des tribunaux, composé de deux faux avocats et d’un agent de la police nationale.
Ainsi, la juridiction a infligé une peine de quatre ans de prison ferme à un homme et une femme ayant usurpé la qualité d’avocats, tandis qu’un policier a écopé d’un an et demi de prison ferme, après que son implication dans des opérations d’escroquerie au sein du tribunal a été établie.
Selon des sources bien informées, les trois accusés ont été interpellés au cours de la première semaine de juillet, à l’intérieur même d’une salle d’audience du tribunal de première instance de Salé, en flagrant délit de tentative d’escroquerie sur un citoyen. Ce dernier s’était vu promettre une intervention pour résoudre un problème judiciaire contre la somme de 20 000 dirhams.
L’enquête menée par les services de sécurité, en coordination avec le parquet, a révélé que les deux faux avocats s’appuyaient sur une apparence professionnelle soignée et se présentaient comme membres du barreau. De son côté, le policier facilitait les rencontres entre les victimes et les deux usurpateurs, exploitant sa fonction pour inspirer confiance et crédibilité.
L’analyse du contenu des téléphones portables saisis a permis de mettre en lumière d’autres cas d’escroquerie, perpétrés selon le même mode opératoire, confirmant ainsi l’existence d’un système frauduleux bien rodé à l’intérieur même de l’institution judiciaire.
Cette opération s’inscrit dans le cadre des efforts continus déployés par le ministère public pour assainir les tribunaux marocains des réseaux de courtage illégaux et renforcer les principes de transparence et de confiance dans l’appareil judiciaire.
Cette affaire a relancé le débat autour de la nécessité de contrôler l’identité des intervenants dans les dossiers judiciaires, et de renforcer les procédures de sécurité afin de limiter le phénomène d’usurpation de fonctions professionnelles au sein des palais de justice.










