Dans les grandes compétitions, la valeur d’une sélection ne se mesure pas uniquement au nombre de points récoltés lors de la phase de groupes, mais surtout à sa capacité à progresser d’un match à l’autre.
C’est précisément cette philosophie que le Maroc semble vouloir imposer lors de la Coupe du monde 2026. Sous la direction de Mohamed Ouahbi, le staff technique gère le tournoi avec une vision stratégique, loin d’une approche dictée par les seuls résultats immédiats.
Avec quatre points obtenus en deux rencontres face au Brésil et à l’Écosse, les Lions de l’Atlas ont pris une sérieuse option sur la qualification. Pourtant, cette avance n’a pas conduit le staff à se satisfaire de l’existant. Au contraire, tout indique que le match contre Haïti servira davantage de laboratoire tactique que de simple rendez-vous pour valider le billet des huitièmes de finale. Une approche qui traduit la confiance accordée au groupe et la volonté de bâtir une équipe capable de s’adapter à différents styles de jeu.
Le choix de donner sa chance à Ayoub El Kaabi porte plusieurs messages. Il ne s’agit pas seulement d’offrir du temps de jeu à un attaquant encore peu utilisé, mais aussi de préparer une solution offensive susceptible de devenir décisive lors des phases à élimination directe, où les espaces se réduisent et où un avant-centre capable de transformer une demi-occasion en but peut faire toute la différence.
La diversification des options offensives témoigne également de la maturité du staff technique. Une équipe qui dépend d’un seul schéma de jeu devient plus facile à décrypter pour ses adversaires. En revanche, disposer de plusieurs alternatives tactiques offre une flexibilité précieuse pour répondre aux exigences de chaque rencontre.
Le turnover reste néanmoins une arme à double tranchant. Intégrer de nouveaux joueurs ne doit pas se faire au détriment de la cohésion affichée lors des deux premiers matchs, d’autant que le jeu collectif constitue aujourd’hui l’une des principales forces de la sélection marocaine. Mohamed Ouahbi devra donc trouver le juste équilibre entre préserver certains cadres et maintenir l’identité de son équipe.
Ce qui nourrit l’optimisme, c’est que le Maroc ne dépend plus uniquement de son onze titulaire. Les Lions de l’Atlas disposent désormais d’un banc capable de changer le visage d’un match, un atout qui a fait défaut à plusieurs grandes nations lors des précédentes éditions de la Coupe du monde.
Si Mohamed Ouahbi parvient à tester ses nouvelles options face à Haïti sans compromettre l’équilibre collectif, le Maroc abordera les phases à élimination directe non seulement avec le statut de qualifié, mais aussi avec celui d’une équipe riche en solutions, tactiquement mature et légitimement ambitieuse pour poursuivre l’écriture d’une nouvelle page de l’histoire du football marocain.








