La prison de Bourkaiz à Fès a accueilli, jeudi soir, deux prévenus décrits comme parmi les plus grands spécialistes marocains du piratage numérique, après leur mise en cause dans une affaire lourde portant sur la violation des droits de propriété intellectuelle de la chaîne française “Canal Plus”. Le parquet a décidé de les déférer devant la chambre des délits flagrants, qui a entamé l’examen de leur dossier alors qu’ils sont placés en détention préventive.
L’affaire a débuté lorsque les deux suspects ont été arrêtés à l’aéroport Mohammed V, à leur retour d’Arabie saoudite, en exécution d’un mandat de recherche émis à la suite d’une plainte déposée par la chaîne française. Ils sont poursuivis pour escroquerie, accès illégal à des systèmes de traitement automatisé de données et utilisation de données numériques falsifiées.
Les enquêtes menées par la police judiciaire de la préfecture de Fès ont révélé que les mis en cause disposaient d’équipements électroniques sophistiqués, notamment des ordinateurs, des téléphones portables, des cartes bancaires ainsi que des sommes d’argent en différentes devises, saisis dans le cadre de l’investigation.
Les investigations ont montré que l’un d’eux avait lancé, il y a deux ans, un site de commerce électronique destiné à la vente d’abonnements illégaux à plusieurs chaînes cryptées, avec l’aide de son complice. Elles ont également établi qu’ils avaient tissé des liens avec des groupes spécialisés dans le piratage en Russie, en Inde et en Chine, leur permettant d’obtenir des logiciels capables de pénétrer des serveurs télévisés et de s’emparer de leurs contenus.
Les deux prévenus revendaient ensuite les bouquets piratés à des prix dérisoires, ne dépassant pas 50 euros l’abonnement, contre un tarif officiel atteignant 150 dollars pour Canal Plus, ce qui a causé d’importantes pertes financières à la chaîne et motivé son action en justice.
Il convient de rappeler que le principal accusé avait suivi des formations en e-commerce et en systèmes d’information, et avait mis à profit son expertise technique pour créer des plateformes numériques illégales, avant d’être rejoint par son ami afin de consolider ces activités, qui se sont soldées par leur arrestation et leur présentation devant la justice.










